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WAR GAMES

Le java des bombes atomiques

samedi 2 août 2008, par von Bek

John BADHAM (1939-)

Etats-Unis, 1983, WarGames

Matthew Broderick, Ally Sheedy, Dabney Coleman, John Wood, Barry Corbin

D’abord confiée à Martin Brest, la réalisation de War Games échoit, après le débarquement de celui-ci, à John Badham, déjà célèbre pour son Saturday Night Fever (1977) et le déhanchement de John Travolta. S’il est certain que le film entend profiter d’un effet de mode et de l’essor de l’informatique grand public - Tron est sorti des studios Disney un an auparavant -, il correspond aussi à un contexte bien précis.

Adolescent fondu d’info, David Lightman profite de ses talents pour s’introduire via son ordinateur et une ligne de téléphone dans différents programmes comme les réservations de la défunte compagnie aérienne Panam ou, plus prosaïquement, son bulletin scolaire et celui de sa copine Jennifer. Pratique pour draguer et sans danger. Sauf qu’un jour ses talents le mettent en contact avec un terminal avec lequel il initie un jeu de guerre thermonucléaire globale. Rapidement, David comprend que c’est un jeu grandeur nature... ce qui amènent le FBI et le NORAD à vouloir lui poser quelques questions, mais pendant ce temps là le compte-à-rebours s’écoule.

Construit autour du modèle classique du cinéma des années 80 dans lequel l’adolescent renverse des montagnes ou franchit des espaces intersidéraux (Explorers, Joe Dante, 1985), War Games ne vise pas tant à dénoncer la déshumanisation et les risques engendrées par la technologie informatique à outrance - Kubrick a largement anticipé cela avec son 2001 en 1968 -, qu’à dénoncer le caractère futile de la guerre froide qui vient de nouveau de s’installer entre les Etats-Unis et l’Union soviétique.

Hors de question ici de dénoncer ou de vanter les mérites de l’un ou l’autre des deux systèmes du monde bipolaire, mais il s’agit plutôt de condamner sans appel la militarisation de cette opposition, alors que le président Reagan, dont le portrait apparaît clairement dans le film, relance la course aux armements et augmente le budget de la défense. La guerre froide militaire est dans War Games comparée à un jeu d’enfants - l’ordinateur porte le prénom du défunt fils de son créateur - capricieux qui se montrent leurs gros canons (sans allusions aucune) mais ne mesurent leurs conséquences qu’en terme de froide statistique. Le thème est donc abordé avec un sérieux que vient tempérer l’idylle entre David et Jennifer. Pour autant, le film n’est pas toujours très soigné et le montage a dû sacrifier au moins une scène qui manque à la logique.

War Games apparait donc très vieilli un quart de siècle après sa sortie. Non seulement parce que l’informatique de l’époque fera exploser de rire tout adolescent de l’ère Internet, mais aussi parce qu’il renvoie à un contexte bien précis. Kubrick, encore lui, avait fait mieux avec son Docteur Folamour.

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