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Un bout DC ?

Superman : adieu, kryptonite !

dimanche 29 décembre 2019, par von Bek

DESSINS : Curt SWAN (1920-1996) & Murphy ANDERSON (1926-2015)

SCENARIO : Dennis O’NEILL (1939-)

Etats-Unis, 1971

Urban Comics, 2016, 192 p.

L’histoire contenue dans Adieu krytonite ! a pour moi une résonance sentimentale particulière. Enfant, j’avais dégoté dans le grenier de ma grand-mère le numéro 54 de Superman et Batman et Robin de juin 1973, un de ces magazines édités par Sagédition alors société détentrice des droits sur Superman et Batman pour la France. Dedans figurait le n°254 de Superman où était mis en scène la première rencontre, très brève, entre l’homme d’acier et l’homme de sable. Comment ce dernier était né du désert ? Pourquoi Superman se sentait-il plus faible en sa proximité ? Comment tout cela allait-il finir ? je mis des décennies à le découvrir. Oh, on ne peut pas dire que je cherchais beaucoup la suite. De toutes façons, à l’époque, les éditeurs de comics s’embarrassaient peu du respect des lecteurs et ne suivaient pas nécessairement les publications américaines.

Dans Adieu, kryptonite ! se trouve l’intégralité de la saga de l’homme sable, comme cette histoire s’appelle aussi outre-atlantique, soit les numéros du mensuel Superman 233 à 242, à l’exclusion du 239, numéro spécial formé de plusieurs rééditions de récits d’Action Comics. Encore nous est-il fait un cadeau puisque le numéro 236 figure au sommaire alors qu’il n’est pas à celui de la version américaine et n’appartient pas à la saga, mais met en scène Superman à la rescousse d’étranges anges qui s’avèrent être des extra-terrestres, mais pas seulement.

Au départ (Superman 233, janvier 1971), Superman surveille une expérience de

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Couverture du Superman et Batman et Robin n°54, juin 1973

production d’énergie à partir de kryptonite verte, dont l’issue catastrophique étend Superman pour le compte, mais neutralise complètement toute la kryptonite existant sur Terre. Superman n’a plus de point faible ! Son euphorie sera de courte durée, puisqu’au cours des épisodes suivants (Superman 234 et 235), il découvre l’existence d’une forme humanoïde sableuse dont la proximité l’affaiblit et qui lui ressemble de plus en plus. Cela n’empêche pas Superman de triompher d’un volcan (Superman 234), d’un musicien possédé (Superman 235), de fourmis légionnaires et de bandits (Superman 237) ou de terroristes (Superman 238), mais il est de plus en plus faible au point d’échouer à empêcher un immeuble de s’écrouler (Superman 240), au point d’avoir un traumatisme crânien qui affecte son action. Grâce à l’aide d’un sage mystique ami de Wonder Woman, il parvient à résoudre son problème et l’étrange créature disparaît.

D’un bout à l’autre de la saga, il ne faut pas être un grand sorcier pour comprendre que le thème général pose la question de la puissance de Superman, non pas dans ses limites, mais dans ses excès. Même l’épisode de Superman 235 dans lequel un musicien use d’une harpe maléfique pour voler les capacités des autres ressort de ce thème. Dans l’épisode 241, en proie à un traumatisme crânien, l’homme d’acier fait un peu n’importe quoi, déposant par exemple un chauffard en excès de vitesse au sommet de l’Empire State Building... avec sa voiture bien sûr ! Sans y voir une réflexion profonde sur l’abus que peut entraîner un trop grand pouvoir, il faut lire la postface que rédige Dennis O’Neil en 2008. Le scénariste y explique qu’il a voulu limiter les pouvoirs de Superman parce que sa trop grande puissance posait un problème de cohérence : avec une telle puissance, tous les problèmes auraient dû être résolus dès la deuxième page, et la kryptonite était devenue une facilité scénaristique trop... pratique.

Il faut aussi dire qu’à l’époque, le nouveau rédacteur en chef, Julius Schwartz, entendait bien moderniser Superman, laissant tomber dans l’oubli de nombreuses créations des décennies précédentes tels que Krypto, le super-chien, transformant Clark Kent en journaliste de télévision et faisant passer le titre en mensuel avec un nouveau scénariste, Dennis O’Neil. Le résultat est intéressant, mais il manquait peut-être une révolution graphique pour compléter le tout, car les dessins des aventures de Superman de 1971... ressemblent aux dessins des aventures de Superman des années 60, car depuis 1967, c’est Curt Swan qui est à l’œuvre. Si la qualité de son travail ne saurait être remise en question, son œuvre a un petit air vieillot que n’a pas à la même époque celle de Jim Aparo sur Batman dans The Brave and the Bold.

Toujours est-il que je ne peux que remercier Urban Comics pour avoir publié cette version française du recueil américain Superman : Kryptonite Nevermore !. Cela m’a offert un beau moment de nostalgie.

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