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LE FUTUR AUX TROUSSES

1=2

samedi 19 septembre 2009, par von Bek

Dolores GRASSIAN (1925-)

France, 1975

Claude Rich, Bernard Fresson, Andrea Ferreol, Michel Aumont

Les Trente Glorieuses n’existent pas encore mais sont déjà finies. La crise est là, comme le constate la direction d’une grande société devant ses résultats. Le PDG Sermeuze (Robert Fresson) peste dans les toilettes contre le consumérisme de la société mais décide de suivre l’idée d’un de ses statisticiens Borel (Claude Rich) auquel l’informatique a fait les plus sombres prévisions quant à l’avenir de la planète : vendre aux gens malheureux ou mécontents de leur quotidien la possibilité d’endosser une deuxième identité. Les conséquences sont à l’aune du succès de l’idée...

Oubliant Tati et quelques autres, le cinéma français semble découvrir seulement les inconvénients de la société de consommation de masse. Les premiers glas écologiques viennent de retentir et, mai 68 n’étant pas loin, la société s’est considérablement libéralisée, certains diraient décoincée. D’où des films comme France Société Anonyme de Corneau ou ce Futur aux trousses. Dolores Grassian s’y livre à un délire surréaliste dans un décor moderne - celui du centre informatique du Crédit Lyonnais - ou dans des scènes bucoliques et cynégétiques, mêlant au passage des morceaux de ce qui semble bien être un vrai micro-trottoir, sondant les Français sur leurs rêves. On ne parlera même pas des scènes quasi-orgiaques lorsque les clients endossent leurs deuxièmes identités.

Le tout constitue une dénonciation de la société de consommation et du rythme de la société industrielle, utilisant l’excès pour la caricaturer et non sans porter ses coups d’abord au patronat dont le représentant, Sermeuze, semble plus préoccupé des ses problèmes conjugaux - il imagine sa femme Odette (Andrea Ferrol) se faisant sauter par le premier venu -, mais aussi à tous les Français très préoccupés de leurs petites vies. L’informatique, qui attribue à chacun la deuxième identité au terme d’une enquête soigneuse et précise, est aussi vilipendée.

Le résultat ne convainc pas. Sans être aussi provocateur que le film de Corneau déjà cité, Le futur aux trousses tient davantage du délire ou de la caricature, voire même du mauvais goût quand Ernest le gardien, utilisé comme cobaye, endosse un uniforme SS. Parmi les meilleures scènes, on pourra retenir les micro-trottoirs, à condition qu’ils soient vrais, la campagne de publicité "Vous, c’est qui d’autre ?" ou Francis Lax réfléchissant à ses deux identités et au coût que cela entraîne.

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