Accueil > TGBSF > S- > 16 rue du repos

16 rue du repos

samedi 20 juin 2009, par Maestro

Philippe WARD (1958-)

France, 2009

Black Coat Press, coll. Rivière blanche, 256 p.

ISBN : 978-1-934543-91-7

Le nouveau livre de Philippe Ward a ceci de particulier qu’il constitue le pendant romanesque de la BD du même nom élaborée avec Philippe Lemaire et sortie l’an dernier. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le dessinateur pour quelques illustrations (et même une présentation biographique en fin d’ouvrage). Si, avec Irrintzina, Philippe Ward développait un fantastique rural aux couleurs basques, il en est ici aux antipodes. Le sujet de ce roman fantastique urbain est en effet le cimetière du Père-Lachaise, lieu emblématique du gothique et sans aucun doute endroit parmi les plus magiques de Paris.

Luc Priou, un photographe passionné, quadragénaire et désireux de refaire sa vie, a l’idée d’une exposition pour laquelle il souhaiterait prendre des photos de nu au Père-Lachaise. Pour ce faire, il sollicite la participation de son nouveau modèle, Jennyfer, une jeune étudiante de vingt ans particulièrement sensuelle, pour laquelle Luc nourrit quelques sentiments intimes… Tous deux vont peu à peu découvrir les étranges phénomènes qui agitent le cimetière : disparitions mystérieuses ; apparitions de spectres ; multiplication de visiteurs béats et de fleurs sur les tombes ; passage d’une femme en noir énigmatique, des chats dans son sillage… Avec la rencontre de Maurice Vidal, le scientifique retraité à l’écoute de la pulsation vitale du Père-Lachaise, Luc et Jennyfer vont commencer à mieux comprendre le pourquoi de cette atmosphère pour le moins inquiétante.

A l’instar d’Irrintzina, 16, rue du repos (l’adresse de l’entrée principale du cimetière) se lit avec grand plaisir, tant le rythme y est bien mené et l’action prenante. Philippe Ward brosse des portraits psychologiques efficaces, et on s’attache assez rapidement au couple Luc – Jenny. Les descriptions possèdent juste ce qu’il faut de dose d’horreur, tandis que les éléments sexuels apportent un piment bien agréable. La racine du fantastique ici exposé mêle habilement manifestations classiques du genre et apport plus scientifique, à travers le lien avec la théorie de Gaïa, éminemment d’actualité écologiquement parlant. Nul doute que ce roman vous donne envie de (re)découvrir ce cimetière mythique ! Il présente d’ailleurs l’avantage, comparativement à la bande dessinée, d’être plus explicite et développé. Seuls -petits- regrets : les fautes de forme qui subsistent, en particulier des absences de mots ou des doublons, et une petite erreur dans la chronologie narrative (une des journées en dure en effet deux dans l’esprit de Maurice Vidal)…

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?