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DANS LES HERBES HAUTES

dimanche 15 décembre 2019, par Maestro

Vincenzo NATALI (1969-)

Canada, 2019, In the Tall Grass

Avec Patrick Wilson, Laysla De Oliveira, Harrison Gilbertson, Avery Whitted, Rachel Wilson, Will Buie Jr.

Dans les herbes hautes vient rejoindre la longue cohorte d’adaptation d’oeuvres de Stephen King – ici en réalité une nouvelle co-écrite avec son fils Joe Hill – dont on sait qu’elles ont plus souvent côtoyé la médiocrité que l’excellence (parmi les dernières en date, citons la désastreuse série Under The Dome ou l’échec de la transposition cinématographique de La Tour sombre).

Tout débute ici par le voyage d’un frère et d’une sœur, Calvin et Becky, à travers les Etats-Unis, destination San Diego, cette dernière étant enceinte de six mois. Contraints de s’arrêter en plein cœur du Midwest pour cause de nausée, ils entendent, dans un champ de hautes herbes le long de la route, un appel à l’aide semblant provenir d’un jeune garçon. Mais en pénétrant dans le champ, ils en deviennent très vite prisonniers à leur tour, confrontés à de multiples exemples de désorientation. Les repères spatiaux et temporels y sont bousculés, au point qu’un de leurs amis, Travis, parti à leur recherche deux mois après leur disparition, les retrouve quelques heures seulement après leur entrée dans les hautes herbes. Confrontés à un autre groupe d’errants, un couple et leur jeune garçon (celui qui avait appelé à l’aide, justement), ils découvrent surtout l’existence d’une pierre noire, sur laquelle d’étranges signes sont gravés. Ross, le père du garçon, qui l’a touché, en est devenu le porte-parole. Une course poursuite s’engage alors…

Dans les herbes hautes décline un thème assez caractéristique de l’horreur made in US, l’archaïsme et les cultes hors-normes que peuvent dissimuler les grands espaces du Midwest, cette terre située au cœur du pays, et qui en incarne une forme d’angle mort. On se souvient en particulier d’une autre nouvelle de Stephen King, « Les enfants du maïs » (in Danse macabre), qui avait engendré une série de films à la légitimité décroissante. Car avec Dans les herbes hautes, il est également question d’un culte remontant à la proto-histoire, dans une ambiance et un esprit très lovecraftien. Vincenzo Natali a en effet l’intelligence de ne pas trop en montrer, et parvient surtout à transcender un paysage bien ordinaire, cette végétation inoffensive, en parvenant à en faire un véritable acteur de l’horreur (les herbes ressemblant de plus en plus à de véritables tentacules, dans des plans larges étonnants). Il est également tentant d’évoquer la figure tutélaire de John Carpenter avec cette église « de la pierre noire du rédempteur » (sic) filmée « à la manière de… ».

Avec une relative économie de moyens et d’acteurs, le réalisateur réussit ainsi à bâtir un huis-clos rural convaincant et éprouvant, qui ne tire légèrement en longueur qu’au cours de son dernier tiers ; l’horreur fantastique étant ici doublée par l’horreur des relations humaines, mais également leur tragique et leur résilience.

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