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Il faudra bien se résoudre à mourir seul

samedi 6 mars 2010, par Maestro

Jean-Pierre ANDREVON (1937-)

France, 1983

Denoël, coll. "Présence du Futur", 224 p.

Comme une mécanique bien huilée, les recueils d’Andrevon se suivent et se ressemblent, un certain degré de qualité étant toujours respecté. Dans ce volume au titre cru, qui comprend huit nouvelles (dont cinq inédites), toutes centrées sur l’idée de solitude, on retrouve en effet plusieurs des thèmes de prédilection de l’auteur, en plus de sa plume réaliste, portée sur le sexe.

Le premier ensemble, intitulé « Les femmes », contient ainsi « Durer, c’est s’économiser », critique de la mentalité militaire à travers le personnage d’un sous officier médiocre, inculte, misogyne et raciste, qui parvient à se retrouver totalement isolé au cœur d’un abri anti-nucléaire seulement habité par une dizaine de femmes censées être l’espoir du renouvellement post-apocalyptique de l’espèce, mais qui ne servent finalement que la satisfaction sexuelle égoïste de cette caricature d’humanité… « Alpha » est son opposé, illustrant le sort tragique d’un voyageur spatial chargé de découvrir de nouvelles planètes habitables mais qui se retrouve sans compagnies féminines autre que celles de ses fantasmes.

La seconde partie, « Machines », décline sans originalité le thème assez classique d’une Terre abandonnée, devenue musée sous la houlette d’un unique gardien (« Haute solitude »), ou dominée par les machines tandis que les hommes sont revenus à l’état sauvage dans « Un nouveau livre de la jungle des villes », un récit qui s’adresse d’ailleurs davantage, au vu du style, à un public juvénile.

Il en est de même pour « Les enfants ont toujours raison », dans la partie « Les enfants », mise en scène des pulsions destructrices d’un enfant mutant (l’énergie nucléaire étant pointée du doigt) derrière laquelle on décèle le versant en partie misanthrope d’Andrevon. « La tigresse de Malaisie » est plus poignante, portrait d’une femme parvenue à l’aube de la ménopause qui cherche désespérément à tomber enceinte dans un monde où la nature reprend ses droits.

L’ultime série, « Les bêtes », décline la même problématique, d’abord dans « La nuit des bêtes », délivrance des animaux d’un zoo par des jeunes rétifs à se réfugier dans les abris antiatomiques, une revanche vite matée par le retour des hommes, à la différence du plus touchant « Le temps de la nuée grise », la déambulation du dernier homme au cœur d’un Paris occupée par une faune désormais en communion avec lui. Si le pourquoi du cataclysme n’est pas explicité, il est à noter que ces trois derniers textes seront repris et transcendés une vingtaine d’années plus tard dans Le monde enfin

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