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Transit

samedi 29 mai 2010, par Maestro

Pierre PELOT (1945-)

France, 1977

Issu de la période faste de Pelot en science-fiction, Transit est de surcroît une de ses plus belles réussites. S’y rencontrent deux des thèmes majeurs des années 68 de la SF française : le questionnement sur la réalité, brillamment transcendé par Michel Jeury, et la dimension utopique, l’appel à un autre monde possible.

Tout au long de l’essentiel du roman, on suit deux trames parallèles. La première est celle d’un amnésique, pris en charge par les habitants de la planète Gayhirna désireux de lui faire retrouver la mémoire. Pourtant, il semble se souvenir d’éléments en totale contradiction avec la société existante. Gayhirna a en effet mis en application, voici 3000 ans, suite au départ dans l’espace des tenants d’une société oppressive et aliénée, un modèle anarchiste. Aucune grande concentration urbaine, mais des communes à taille humaine, où chacun enchaîne les activités au fil de ses envies, y compris les tâches servant à la collectivité, comme l’agriculture et l’élevage. L’énergie y est propre, délivrée entre autre par des satellites recueillant celle du soleil, et chacun aide naturellement autrui. Naissance et mort sont même l’objet de réjouissances. Simplicité, générosité, harmonie, les pulsions ancestrales étant canalisées dans des fêtes déchaînées, quant elles ne provoquent pas des troubles mentaux chez certains individus. La seconde ligne directrice se situe au début du XXIIème siècle, sur Terre, en plein cœur des Pyrénées. Une base scientifique y accueille en effet des expériences sur les univers parallèles, dont un des cobayes est Gallen, celui dont l’esprit a arpenté Gayhirna… à moins que tout cela ne soit qu’une reconstitution de son passé de jeune agitateur anarchiste (considéré comme psychotique par le pouvoir), suite à des tests de ses pouvoir paranormaux qui auraient mal tournés ? Qui a raison, qui a tort ?

Sans révéler le fin mot de l’histoire, Pelot parvenant, à travers une plume ciselée, à maintenir le suspens jusqu’au bout, constatons tout de même que l’utopie est clairement célébrée, et la société contemporaine, profitant à une élite égoïste, condamnée.

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