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Les vestiges de l’automne

samedi 16 octobre 2010, par Maestro

Robert SILVERBERG (1935-)

Etats-Unis, 2005

ActuSF, coll. "Perles d’épices", 2010, 180 p.

ISBN : 978-2-917689-22-6

Pour un des tous premiers titres de sa nouvelle collection, ActuSF effectue un coup de maître en publiant rien moins qu’un inédit du grand Silverberg, préfacé par Gérard Klein. « Les vestiges de l’automne » est en réalité une longue nouvelle, dernière composante d’un des plus beaux cycles de l’auteur, celui du Nouveau printemps. A la charnière des années 80 et 90, étaient en effet parus respectivement A la fin de l’hiver et La reine du printemps, mais de trop matérielles circonstances éditoriales avaient empêché Silverberg de mener à bien le troisième et dernier tome qu’il avait en projet. Le synopsis qu’il avait préparé est d’ailleurs publié ici (y compris en anglais, ce qui apparaît comme tout à fait dispensable) sous le titre de « L’été du Grand Retour ».

« Les vestiges de l’automne » reprend certains éléments de ce scénario en une version allégée, et à sa lecture, on ne peut qu’éprouver bonheur et regret. Bonheur de replonger dans un univers attachant, plein de vie et de couleurs, et regret de ne pas pouvoir bénéficier d’un roman plein et entier. L’action se déroule près de deux siècles après La reine du printemps, avec deux personnages centraux : Nortekku, jeune architecte qui, échappant à un mariage arrangé par son père, se retrouve amoureux de l’archéologue Thalarne, cette dernière obnubilée par la découverte de traces d’un passé devenu désormais mythique. On reconnaît là des thèmes de prédilection de Silverberg, l’archéologie, l’histoire et les mythes, sur lesquels il a écrit bien des ouvrages de vulgarisation. En plus des péripéties de ce triangle amoureux, Thalarne étant déjà mariée, le récit multiplie les rebondissements, élargissant les perspectives géographiques : le couple, au lieu de l’expédition envisagée primitivement au cœur du continent, se retrouve finalement à traverser l’océan oriental pour la mer intérieure, sur les bords de laquelle une des mythiques grandes races de l’époque d’apogée de la Grande Planète aurait survécue…

Sous cette intrigue déjà prenante en elle-même, se dessine une réflexion globale sur la dimension cyclique de l’histoire, le caractère éphémère de toute civilisation et toute espèce, un pessimisme corrigé par l’optimisme de cet éternel retour, aucune catastrophe n’engendrant d’éradication définitive ; sous réserve de stimuli divers, peuple, civilisation, espèce possèdent le potentiel de se transcender vers un progrès réaffirmé. Belle conclusion pour un humaniste envers et contre tout.

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