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L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU (1977)

samedi 17 septembre 2011, par von Bek

Don TAYLOR (1920-1998)

Etats-Unis, 1977

Michael York, Burt Lancaster, Nigel Davenport, Barbara Carrera

On ne présente plus l’histoire de L’île du docteur Moreau, sans doute le livre de H. G. Wells le plus adapté au cinéma (déjà parce qu’il est le moins onéreux à produire). Dans sa version, Don Taylor fait l’économie du passage sur le bateau et fait débarquer deux marins à l’agonie sur l’île dont Andrew Braddock - le Prendick de cette adaptation - qui est recueilli par Moreau et Montgomery.

La réaction de Braddock devant les étranges évènements de l’île est fidèle au roman : soupçonnant d’abord une expérimentation sur les êtres humains, il furète et tombe sur les créatures, obligeant le docteur Moreau à tout lui révéler. Là où le film diverge du roman réside dans la séduisante Marie (Barbara Carrera) dont Braddock tombe amoureux. Le couple prépare son départ en rafistolant la barque des naufragés mais Moreau, peut-être par jalousie, maîtrise Braddock et entreprend d’en faire un cobaye, se justifiant par le fait que ses expériences sur les animaux échouent puisque ceux-ci régressent sans l’injection régulière d’un sérum. L’opposition de Montgomery à ce projet fait basculer la situation et entraîne la révolte des créatures dont Braddock et Marie profitent pour s’échapper.

L’adjonction d’un personnage féminin à L’île du docteur Moreau n’est pas nouvelle et remonte au moins à l’adaptation de 1932. Elle répond ainsi aux exigences du marché cinématographique qui veut qu’avec un peu de romance, ça se vend mieux. Fort heureusement, Don Taylor et la production n’ont pas limité le rôle de Marie à la romance : elle permet une chute de fin qui, quoique prévisible et brève, relève agréablement le goût du film. En conséquence, cette version constitue un remake de la version de 1932.

Néanmoins, elle a su se montrer plus moderne que le livre original puisqu’elle n’hésite pas à parler de génétique, d’hérédité et de chromosome. Burt Lancaster/Moreau est un savant encore plus fou que l’original.

Enfin, la chute de l’ordre établi ne résulte pas du décès du docteur mais de ses actions. En ne respectant pas ses propres lois, Moreau provoque la révolte et sa mort. Voilà une lecture du "Nul n’échappe à la loi" à laquelle n’avait pas pensé Wells ou qui ne l’avait pas intéressée.

L’île du docteur Moreau de Don Taylor n’est certes pas une adaptation des plus fidèles. Il constitue cependant une lecture honnête du roman originel et, tournés dans les Iles vierges américaines, plante bien une histoire horrible dans un cadre paradisiaque, le tout servi par de bons acteurs.

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