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L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU (1996)

samedi 24 septembre 2011, par Maestro

John FRANKENHEIMER (1930-2002)

Etats-Unis, 1996

David Thewlis, Marlon Brando, Val Kilmer, Fairuzza Balk

Le film de John Frankenheimer, honnête réalisateur ne s’étant jamais distingué par un chef d’oeuvre [1], est la troisième adaptation cinématographique du roman de Wells, après celle de 1932 et celle de 1977 ; il est d’ailleurs sorti tout juste un siècle après la parution du livre. L’intrigue est dans l’ensemble fidèle à la trame de ce dernier, du naufrage initial -ici celui d’un avion- jusqu’aux expériences du personnage de Douglas (Prendick dans le roman) sur l’île, sans oublier la révolte finale. Comme dans les deux précédentes adaptations, d’ailleurs, un personnage féminin a été ajoutée, en l’occurrence une féline devenue femme ravissante, dont va évidemment s’éprendre Douglas. Le film peine un peu à démarrer, mais un supplément d’action a été ajouté pour dynamiser la progression à partir de la découverte du laboratoire.

Les problématiques ont toutefois évolué en un siècle. Passons sur l’exil de Moreau provoqué par les critiques des écologistes défenseurs des animaux, loin d’être essentiel, pour nous concentrer sur les expériences de celui-ci, qui bénéficient ici des découvertes liées à l’ADN et à la génétique, ainsi que des implants sous cutanés facilitant le contrôle par impulsions électriques. Après les horreurs ayant eu le XXe siècle pour cadre, les comportements des êtres humains sont facilement assimilés à ceux des animaux (dès le début du film avec la bagarre entre survivants, ce que confirme également la conclusion), ces derniers étant finalement supérieurs car victimes de leurs instincts, non de leur raison. Le principal message est justement l’impossibilité de faire acquérir à des animaux des comportements humains, surtout lorsqu’ils sont appuyés sur un dogme qui a tout d’une religion aveugle et imbécile. La création qui dépasse son maître, voilà un thème finalement assez classique, d’autant que la finalité des recherches de Moreau ne brille franchement pas par sa clarté. Au risque de valider par principe tout phénomène naturel, qu’il ne faut surtout pas transgresser… la création divine, modèle de perfection ?

Le film se distingue en tout cas par l’importance de ses acteurs, de Val Kilmer mauvais garçon, à Marlon Brando, impressionnant dans sa première apparition à l’extérieur, ainsi que par la réussite des maquillages animaliers, qui, couplés avec les comportements bestiaux, ne sont pas sans rappeler La planète des singes. Néanmoins, on ne peut que s’interroger sur le personnage de Douglas, bien trop réactif et impulsif dans son comportement, surtout pour un supposé négociateur de l’ONU… De même, souvent allusif, voire elliptique, L’île du docteur Moreau donne l’impression d’avoir subi un certain nombre de coupes au montage, et de mettre en scène un simili asile d’aliénés en perdant beaucoup de sa cohérence. Au final, on se dit que ce film, pourtant pourvu de solides atouts de base, se révèle profondément décevant.


[1Heu... c’est un peu sévère

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