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Nuit noire

samedi 5 novembre 2011, par Maestro

Christophe SIEBERT

France, 2011

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", 204 p.

ISBN : 978-1-61227-52-4

Attention, lecture éprouvante ! Nuit noire laisse en effet s’exprimer un homme que la vie a ravagé, détraqué, pour en faire l’incarnation du pire que peut receler l’inventivité humaine. Grandissant dans une famille à l’hérédité, aussi bien du côté paternel que maternel, particulièrement lourde (suicide du grand-père puis du père, abus sexuels, violences diverses), X développe très tôt une attirance forte pour les humeurs et les sécrétions de toutes sortes, avec un goût marqué pour la merde ou le sperme. La mort exerce également sur lui une attraction toute particulière, celle d’insectes ou d’animaux ; d’abord simple spectateur de la corruption des organismes vivants, il va peu à peu devenir acteur de ce plaisir, s’en prenant à des animaux puis à de véritables êtres humains. Parallèlement, cet enfant asocial, élevé par sa mère seule dans un isolement marqué, se met à avoir des relations sexuelles intenses et suivies avec sa propre génitrice !

Lire Nuit noire, c’est se confronter à un réalisme cru, au sein duquel la touche de fantastique (l’invocation de démons par le narrateur, assurant à son esprit dément une vie au-delà de la mort) n’est qu’un élément supplémentaire d’horreur. L’assassin est en effet un onaniste frénétique, nécrophile, cannibale, bref la quintessence de la répulsion, qui musèle ses pulsions pour adopter, loin des poursuites policières, une vie de parasite. Ainsi qu’il le déclare lui-même, dans la grande lucidité qui le caractérise, « J’étais l’inverse d’un loup-garou. Ma malédiction me poussait à être humain la plupart de mon temps » (p.112). Une telle galerie, qui aurait de quoi faire frémir la défunte collection Gore du Fleuve noir, peut sembler caricaturale tant le tableau est chargé : si l’objectif est de susciter chez le lecteur des émotions insoutenables, la réussite est totale.

Mais le plus intéressant, la lente maturation d’un psychopathe, serial-killer comme ceux dont sont friands les médias actuels, n’avait pas nécessairement besoin d’une telle quantité de sang et de foutre (le tableau de la généalogie des horreurs familiales est ainsi par trop chargé, sans nuances, ne laissant émerger aucun comportement plus altruiste). De même, la fin du roman se fait de manière relativement frustrante, sans dénouement marquant ou ultime révélation. La description fait en tout cas mouche, et risque de vous glacer pour longtemps !


Pour commander Nuit noire suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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