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Les Compagnons de l’ombre - 25

dimanche 23 juin 2019, par Maestro

Jean-Marc LOFFICIER (1954-)

France, 2019

Black Coat Press, coll. "Série Noire", 306 p.

Ce vingt-cinquième volet – déjà ! – des hybrides de l’imaginaire propose une nouvelle fois une galerie de personnages fort variés, et un motif fort présent, celui de l’enquête.
John Davy signe ainsi une aventure inédite d’Elric de Meniboné, dans les lendemains de son mariage avec la belle Zarozinia. « L’orgue des os » le transporte dans le monde des rêves, à la rencontre de divers acteurs connus (tel Arioch) et de légendes envoûtantes. Sympathique, mais sans doute un peu trop paisible. Nathan Cabaniss s’empare d’un autre genre de héros, plus historique, en la personne du marquis de La Fayette. « Un héros de deux mondes » utilise le surnom donné à cet Européen combattant de l’Amérique indépendante afin d’en élargir le sens à une échelle stellaire. Bien qu’un peu trop acritique vis-à-vis du personnage, surtout axé sur sa psychologie personnelle et familiale, c’est un joli tour de force. Plus audacieux et brillant, « Le Dieu des bas-fonds », de John Peel, reproduit le récit d’une des aventures de Carnacki, l’enquêteur de l’occulte inventé par William Hope Hodgson. Celui-ci découvre que les divinités grecques sont toujours vivantes, et l’on appréciera, outre l’actualisation de leurs rites, la réflexion proposée sur le culte qui leur est rendu ; sans compter le croisement avec un symbole du Mal…

A peine moins savoureux, « Réunion de famille » de Travis Hiltz ose un rapprochement familial inattendu, entre le Michel Ardan de Jules Verne, le Doc Ardan mis en vedette dans Les Compagnons de l’ombre 24, et la Dale Ardan de Flash Gordon. Tout ce beau monde se retrouve projeté dans les courants du temps, en compagnie d’autres exilés temporels. Le même auteur récidive dans « L’affaire des restes à voir  », une énigme de chambre close dont le principal intérêt réside dans son association d’enquêteurs, un humain, une Sélénite et Spiridon la fourmi géante d’André Laurie (une précédente aventure avait déjà été publiée dans le tome 24). Autre hommage à cette proto science-fiction, « La malédiction d’Orlac » concoctée par Atom Mudman Bezecny, qui tisse une série de liens vers une vaste galerie de fictions diverses. « Irma Vep et le cottage du destin », de Frank Schildiner, est une efficace confrontation entre la chef du gang des Vampires et d’Asiatiques adversaires, tandis que Christopher Nigro présente un quadruple duel au sommet : côté sombre, Quasimodo et le Fantôme de l’Opéra, côté lumineux, Félifax et Judex. Un bien beau casting, en vérité, pour « L’alliance anti-Adonis » (qui contient une petite erreur historique, le gouvernement Blum ne tombant que fin juin 1937 – l’intrigue se déroule en mai – et le gouvernement Daladier évoqué ne voyant le jour qu’en avril de l’année suivante).

Enfin, deux Français sont également au sommaire, dont votre serviteur. Sans bien sûr chercher à évaluer ma propre prose, je signalerai seulement que j’ai pris beaucoup de plaisir à croiser les personnages de Titus Crow (Brian Lumley) et Setni (Pierre Barbet et l’excellent diptyque Carthage sera détruite / Rome doit être détruite) avec un de mes penseurs fétiches, Lucrèce. Quant à Gulzar Joby, il avait initialement soumis son texte pour Dimension Merveilleux scientifique, mais il m’a semblé plus adapté pour Les Compagnons de l’ombre. Il faut dire qu’il tourne autour d’Arsène Lupin, figure emblématique de la série dans ses premiers tomes. Au-delà, « La Science outragée, la Science assassinée ! Que font les autorités ? » est une mise en perspective du rôle et de l’impact de la science, tout sauf neutre par principe…

Arsène Lupin est par ailleurs la vedette de « Le vol de l’aspic d’or », de David L. Vineyard, où l’exposé de la manière dont le gentleman-cambrioleur a subtilisé un précieux artéfact à Fu Manchu démontre en un crescendo étourdissant la maestria du personnage. Autre acteur fétiche des Compagnons…, le maître des Habits noirs, dont Matthew Dennion révèle une possible identité, qui réjouira les amateurs d’un des films culte des années 1980 (« Fausse identité »). L’anthologie se clôt par le retour du Nyctalope, juste après son aventure contée dans Le Retour du Nyctalope (sic) par le couple Lofficier. Dans « Les lendemains du Nyctalope », Nigel Malcolm croise, dans un futur indéterminé, le sort du mythique héros français avec la Zone extra-terrestre imaginée par les frères Strougatski dans le classique Stalker, le temps d’une possible rédemption…


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