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DARK SHADOWS

samedi 19 mai 2012, par von Bek

Tim BURTON (1958-)

Etats-Unis, 2012

Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, , Eva Green, Bella Heathcote, Helena Bonham Carter, Gulliver McGrath, Jackie Earle Haley, Chloë Grace Moretz, Johnny Lee Miller, Christopher Lee & Alice Cooper

La série Dark Shadows n’ayant jamais été diffusée en France, il est superflu pour un mangeur de grenouilles qui n’aime pas les grenouilles de se demander si l’adaptation qu’en fait Tim Burton lui est fidèle. Une désagréable sensation, absolument pas due à l’ingestion d’un batracien, me dit que non. Enfin, bon...

Quand la famille Collins, des Collins de Liverpool, émigre en Amérique en 1760, avec meubles et domestiques, Barnabas Collins est encore un petit garçon. Installée dans un coin du Maine, les Collins font fortune dans la pêche et bâtissent une confortable résidence plus gothique, tu meurs, ô Mieux Aimée. En 1776, Barnabas est assez grand pour lutiner la domestique Angélique, laquelle s’éprend de son jeune maître. Le sentiment n’est pas réciproque et le malheur veut qu’Angélique, à ses heures perdues, soit devenue une redoutable sorcière. Comme quoi il vaut mieux éviter la réduction du temps de travail, ça donne de l’ambition à la plèbe. La sorcière se venge en assassinant les parents Collins, en forçant la fiancée de Barnabas à se jeter du haut d’un sinistre promontoire et en transformant l’épris en vampire qu’elle fait enfermer par la plèbe dans un cercueil enterré six pieds sous terre.

Cent quatre-vingt-seize ans plus tard, Barnabas est exhumé par les travaux publics et fait connaissance avec le monde de 1972. Si les progrès technologiques l’étonnent après un temps d’incompréhension, la déchéance familiale l’accable et il entend bien y remédier en commençant par squatter le manoir familial après avoir informé la seule Elisabeth de son état. Ayant fait connaissance avec ses descendants sortis d’on ne sait quelle branche de la famille Collins, Barnabas découvre avec horreur que la sorcière Angélique a continué à poursuivre la famille en provoquant sa ruine par sa société concurrente. Entre Angélique, toujours obsédée par Barnabas, et le vampire la lutte va commencer par les affaires.

Un film de Tim Burton, c’est presque une franchise ou une recette de cuisine. Vous avez de fortes chances d’y croiser Johnny Depp, la conviction d’entendre la musique de Danny Elfman, l’assurance que vos yeux seront éblouis par les décors... et la triste certitude que le réalisateur va vous servir une portion de sa psychanalyse avec un papa qui se conduit ici comme un salaud (ce qui est toujours mieux que le beau-père d’Ichabod Crane). Disons le franchement, adaptée dans Sleepy Hollow ou coeur du film dans Batman, le défi, déplacée dans Alice, la question de la paternité, refusée ou perdue, est ici complétement inutile à l’instar de sa présence dans Charlie. Encore heureux, on peut faire abstraction et profiter du film.

Cependant si le phrasé de Barnabas amuse, donnant lieu à quelques gauloiseries assez bien rendues dans les sous-titres, si l’humour décalé fait rire, le scénario lui ennuie. Il ennuie par sa linéarité. D’autant qu’il n’a pas fait l’effort d’introduire quelques événements qui débarquent comme le deus ex-machina, comme un loup-garou. Peut-être est-ce une pratique empruntée à la série qui n’était pas du tout fantastique à ses début et avait vu arriver le personnage de Barnabas à son 211e épisode. Du coup, faute de repères, le spectateur français tique.

D’ailleurs, c’est bien de cela dont il s’agit : d’esthétique. Chez Tim Burton, le reste, musique, acteurs et tout le toutim n’est que l’emballage d’une esthétique. Car après tout, un film, ça se regarde et Dark Shadows est regardable.

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