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Paris brûle encore

samedi 16 juin 2012, par Maestro

DESSIN : DAMIEN

SCENARIO : Fred DUVAL (1965-) et Jean-Pierre PECAU

Couleurs : Jean-Paul FERNANDEZ

France, 2012

Delcourt, coll. "Néopolis - série B", 58 p.

ISBN : 9782756024806

Ce huitième tome de la série uchronique Jour J se rapproche du sixième volet, L’imagination au pouvoir, par le choix de son point de divergence. Tout part en effet des événements de Mai 68, puisque de Gaulle, en partance pour l’Allemagne, se voit contraint de rebrousser chemin suite à une attaque de son convoi automobile, avant de se faire tuer lors de l’assaut donné par des insurgés sur le palais de l’Elysée. Dès lors, la France bascule dans la guerre civile et le chaos. Pas de double pouvoir ici, en effet, simplement des affrontements aux forts relents nihilistes qui justifient même l’intervention de l’ONU, les casques bleus faisant office de force d’interposition à l’utilité pour le moins discutable.

Huit ans après le début de cette libanisation de la France, qui nous vaut quelques sympathiques vues de Paris en ruines, un reporter étatsunien, Oliver Nooman, se rend à Paris afin d’y récupérer des œuvres d’art pour de riches commanditaires. Il fera équipe avec une jeune bourgeoise en rupture de ban, Pallas, se retrouvant même à affronter les milices intégristes de Monseigneur Lefebvre autour du contrôle du Sacré Cœur. En dépit de son accroche réussie et de sa couverture qui l’est tout autant, ce nouvel épisode peine à convaincre. La trame chronologique n’est en effet développée qu’au début et à la fin de l’album, sans d’ailleurs donner suffisamment d’explications sur les courants politiques en présence ou sur ce qui se passe en province. Quid, par exemple, de l’intervention soviétique qui n’a droit qu’à une unique mention ? Qui est JP Bo, ce commando qui a mené l’assaut sur le plateau d’Albion ?

Le dénouement de cette situation hautement conflictuelle apparaît d’ailleurs comme trop idyllique. Entre les deux, les scènes de violence se succèdent, sans que l’on réussisse vraiment à éprouver une profonde sympathie pour les personnages, en particulier pour Nooman, particulièrement lisse. Les clins d’œil à des personnages connus de notre trame temporelle ou les allusions à des citations célèbres sont en outre plus rares qu’à l’accoutumée, faisant de ce tome 8 un des plus frustrants de la série, en donnant la nette impression de rester à la surface de son potentiel.

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