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BLANCHE-NEIGE ET LE CHASSEUR

Jeanne d’Arc, le retour

samedi 16 juin 2012, par von Bek

Rupert SANDERS

Etats-Unis, 2012, Snow White and the Huntsman

Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron, Sam Spruell, Bob Hoskins, Ian McShane

Pour aborder sereinement le conte de Blanche-Neige, il faut déjà s’affranchir de la vision quasi-franciscaine des studios Disney. Si le film de Rupert Sanders n’est pas le premier à tenter l’opération (cf. Blanche-Neige, le plus horrible des contes, Michael Cohn, 1997), il ne cherche pas à se départir de la fantasy qui baigne l’histoire, bien au contraire.

Or donc, il était une fois un roi et sa petite fille, Blanche-Neige, désespérés par le décès de leur épouse et mère. C’est alors qu’une étrange armée envahit le prospère royaume. En défaisant l’ennemi, le roi libère une femme si belle qu’il en tombe amoureux et l’épouse. Las, l’invasion n’était un subterfuge destiné à placer la belle Ravenna dans le lit royal ! Le soir des noces, la nouvelle reine tue son époux, fait entrer l’armée de son frère dans le château et enferme Blanche-Neige. Commence alors le règne de terreur de la reine-sorcière dont le pouvoir maléfique ruine tout. Pour conserver beauté et jeunesse, Ravenna puise celles des femmes, mais n’épargne Blanche-Neige qu’en attendant le moment crucial où l’affaiblissement de son pouvoir la contraindra à sacrifier la princesse pour obtenir la jeunesse éternelle. Quand le moment arrive, bien trois lustres après le drame, le frère de la reine laisse maladroitement s’échapper Blanche-Neige qui arrive à gagner la forêt obscure, lieu où la reine n’a aucun pouvoir. Cette dernière imagine alors d’envoyer un chasseur, veuf qui noie son chagrin dans le vin, lui ramener sa proie contre récompense. Au moment fatidique, le chasseur comprend qu’il a été berné et n’obtiendra jamais de récompense. Il prend le parti de Blanche-Neige et l’aide à gagner la forteresse ducale qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. En chemin, ils rencontrent sept nains qui deviennent les premiers compagnons de la princesse. La liberté est en marche.

On ne peut rien reprocher à la mise en scène qui a largement puisé dans les magnifiques paysages anglo-irlandais, planté de magnifiques décors, sans doute numériques, de châteaux plus-néogothiques-qu’eux-tu-meurs, cuirassé ses acteurs d’armures, de plates ou non, histoire qu’ils aient la cotte (de mailles), embourbé les paysans affamés, semé le long du chemin quelques monstres ou créatures aussi féériques que numériques. On passera sur les effets spéciaux de bonnes factures. Visuellement le spectacle est réussi, en dépit d’une réalisation qui abuse du ralenti, péché véniel à Hollywood depuis plus de dix ans. Avec tout ça, et les combats, difficile de refuser à Blanche-Neige et le chasseur l’accomplissement de son objectif non mercantile : coller un peu de brute dans un conte de fée. Malgré cela, on sort du film au mieux avec un sentiment mitigé, au pire avec une sensation que je n’ose imaginer. Pourquoi ?

Pour plein de raisons hélas. Au premier rang desquelles un souffle épique qui ne passe pas. Pas seulement à cause de la poignée de harangues parsemées de métaphores obscures, mais surtout à cause d’acteurs insipides quand ils ne sont pas inutiles. Insipides Kristen Stewart et Chris Hemsworth qui ne parviendront pas à décoller ni Twilight, ni Thor de leurs basques. Encore ce dernier convainc-t-il dans les scènes d’action alors que ce n’est pas le cas de la charge héroïque de Blanche-Neige jouée par une Stewart l’épaule en avant. Inutile le personnage de William, au point qu’on citera même pas le nom de l’acteur ici-bas. Les nains, au moins, servent à une nain-filtration de la forteresse ennemie.

A cela s’ajoute les multiples clins d’œil du film qu’on hésite à classer dans la catégorie hommage ou dans celle du manque d’inspiration, voire du plagiat. William est un ersatz de Robin des bois ; le cerf, incarnation de la nature en vie, et les scènes qui l’accompagnent, ressemblent à s’y méprendre à celles de Princesse Mononoke ; les nains, voleurs sur les bords (et dans la forêt aussi), font penser à ceux de Bandits, bandits.

Et puis, il y a les petites incongruités du scénario : que fait ce cheval blanc disponible sur la plage ? Pourquoi la reine, capable de repérer les fugitifs et de se transformer, ne le fait-elle pas avant ? Dans quel genre de château colle-t-on la porte principale sur une plage recouverte à marée haute quand on aurait pu faire un pont-levis donnant sur la falaise qui surplombe ? A quoi cela sert de savoir que Ravenna est guidée par la vengeance alors qu’il n’y a aucune rédemption dans le scénario ? Et surtout quel miroir est suffisamment *** pour préférer Blanche-Neige, à Charlize Theron - CHARLIZE THERON - qui l’interroge pour savoir qui est la plus belle ? Blanche-Neige c’est-a-dire Kristen Stewart avec son regard droopiesque, son nez légèrement en trompette, ses incisives de lapin, sa bouche entre-ouverte en permanence (bon j’exagère, mais elle ne soutient pas la comparaison, ça c’est sûr !) ?

A la fin, encore une fois, la sensation d’avoir vu un bibelot, visuellement beau, mais bibelot quand même. Charlize Theron, très bien dans son rôle, ne suffit pas à en faire quelque chose de mieux.

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