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THE AMAZING SPIDER-MAN

Faites-vous une toile !

samedi 7 juillet 2012, par von Bek

Marc WEBB (1974-)

Etats-Unis, 2012

Andrew Gardfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Denis Leary, Martin Sheen

Les studios Columbia (Sony Pictures) doivent être mal informés : les reboot dans le monde des comics de super-héros, c’est plutôt un truc DC. Or c’est bel et bien un reboot auquel se livre la société détentrice des droits d’adaptation de Spider-Man au cinéma. Est-ce seulement le départ de Sam Raimi du projet Spider-Man 4 qui a tout déclenché ou bien d’autres raisons ont présidé à la prise de décision ? Remarquons que le choix est très différent de celui fait pour Hulk, pour lequel l’insuccès (injuste selon moi) du film d’Ang Lee n’avait pas conduit à repartir de zéro. Quoiqu’il en soit, si pour le spectateur, mis devant le fait accompli, cela ne change pas grand chose, cela peut quand même le déranger. Car après tout le costume de l’Araignée allait plutôt bien à Tobey Maguire. Restait à espérer que Marc Webb, plutôt spécialiste de clips, n’ait pas été engagé sur son seul nom.

Inquiet d’une intrusion dans son bureau, le père de Peter Parker, un biologiste de génie mais très critiqué pour ses idées d’ingénierie génétique, confie son fils à son frère Ben et à son épouse May avant de disparaître avec sa femme. Un accident de voiture empêche Peter de revoir un jour ses parents et il est élevé par Ben et May Parker qui le considèrent comme leur fils. Courageux, le garçon est introverti et solitaire, ce qui n’est pas pour déplaire à sa camarade de classe Gwen Stacy. La découverte dans le sous-sol de la maison d’une sacoche ayant appartenu à son père le conduit a essayer d’entrer en contact avec l’ancien associé de celui-ci, le docteur Curtis Connors. Manchot, ce dernier rêve de doter l’humain de la capacité de se guérir en insérant des gènes animaux dans le code génétique humain. En s’introduisant frauduleusement dans le laboratoire du docteur Connors, au sein de la Norman Osborn Corp., Peter Parker entre en contact avec une araignée génétiquement modifiée qui le pique, provoquant la mutation que l’on connaît.

Le changement est important et coïncide par ailleurs avec le début d’une liaison avec Gwen et de travaux avec le docteur Connors auquel il a apporté une formule de son père, levant les obstacles rencontrés jusqu’ici par Connors. Las, c’est aussi un moment où Parker a du mal à communiquer avec son oncle Ben et, au cours d’une soirée agitée, il laisse s’échapper un voleur qui tue Ben Parker. Le jeune homme n’a plus que l’envie de se venger et commence à chasser les bandits en se déguisant progressivement. Avoir à faire avec un justicier indépendant ne réjouit guère le capitaine Stacy. D’autant plus qu’un lézard géant terrorise la ville. Conscient que le monstre n’est autre que le docteur Connors qui s’est inoculé le sérum résultant de leurs travaux communs, Peter Parker entend bien l’arrêter. Mais le Lézard a lui aussi deviné l’identité de Parker.

Heureusement, la vie du héros de comics a connu suffisamment de vicissitudes pour fournir matière à plus d’une adaptation. Si Sam Raimi avait misé sur la relation avec Mary-Jane Watson, le film de Marc Webb exploite la veine des rapports avec la famille Stacy, fille et père. C’est loin d’être hérétique car, dans le comics, Gwen est le premier amour de Parker et on ne regrettera pas qu’Emma Stone joue une Gwen Stacy un peu moins fragile que l’originale datant des années 60. En dépit de son physique longiligne, Andrew Garfield fait, de son côté, un Peter Parker très honorable et l’acteur est très à l’aise dans son rôle d’adolescent introverti.

Reste que le scénario présente quelques faiblesses. Ainsi, le choix intelligent de ne pas doter ce Spider-Man de glandes séricigènes à la différence du Spider-Man de Raimi, conduit à lui faire utiliser des fils mis au point par Connors et commercialisés par Osborn Corp. Outre qu’on se demande comment il se les procure (il semble les acheter alors qu’il n’a pas un rond), le fait qu’il en sème partout aurait dû mettre la police sur ses traces. Par ailleurs, on aura jamais vu un film de super-héros où celui-ci est aussi souvent démasqué, parfois volontairement, dans un intervalle de temps aussi bref. Passons sur l’épisode des grues, pas très crédibles et pas suffisant pour traduire le soutien populaire dont bénéficie en partie Spider-Man.

Ce sont par ailleurs les absents qui constituent aussi des faiblesses. Alors que Gwen Stacy, son père ou le docteur Connors, faisaient des cameos dans les films de Raimi, il n’y en a pas d’équivalent dans le film de Webb : pas de Mary Jane, pourtant amie de Gwen dans la BD, pas de J.J.J. et pas de Daily Buggle. Bien que Stan Lee fasse son cameo désormais rituel, The Amazing Spider-Man est un peu moins riche. Même le mystère de la mort des parents Parker ne sert en fait qu’à poser les bases d’une suite éventuelle.

Cela ne signifie cependant pas que ce reboot est un film de second rang, comme il en est fait certains à partir des licences Marvel. D’une part les effets spéciaux sont de très bonne qualité, en partie sans doute pour pouvoir l’exploiter en 3D et justifier le prix de la place correspondante. Si le Lézard conserve un visage que certains trouveront encore trop anthropomorphe, il n’en constitue pas moins un super-vilain plus qu’acceptable et à la psychologie fidèle à l’original de papier. D’autre part parce que, somme toute, il est moins tape-à-l’oeil que Spider-Man qui plaçait le héros en plein jour sur le devant de la scène dès le début.

En définitive, les choix opérés jouent plutôt en faveur du film de Marc Webb. Le spectateur potentiel est vivement invité à se faire une toile.

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