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The Way of Kings

samedi 22 décembre 2012, par von Bek

Brandon SANDERSON (1975-)

Etats-Unis, 2010

Certes, The Way of Kings, qui a décroché le prix Legend des David Gemmell Award, doit être publié en français chez Orbit, mais dans un avenir qui semble assez flou. Cédant sous la pression conjugale, une pression toute amicale, mais qui ne m’a pas valu que des résultats heureux en terme de lecture (Le trône de fer était un bon conseil, Anita Blake l’était moins), je me suis retrouvé à le lire en anglais.

L’épaisseur de l’ouvrage est à la hauteur de son ambition. On sait que dans la Fantasy le monde dans lequel évoluent les héros a son importance. Certains le soignent plus que d’autres, sans aller jusqu’à Tolkien qui imaginait même les langues des peuples qu’il mettait en scène. Dans The Way of Kings, la créativité de Brandon Sanderson a été particulièrement fertile. Il a imaginé un monde irrégulièrement, mais fréquemment, traversé d’Est en Ouest par des ouragans d’une violence telle que faune, flore et humains ont dû apprendre à se protéger, les deux premiers évoluant en conséquence. Or cette faune joue un rôle non négligeable dans l’intrigue. Les humains aussi ont dû s’adapter et ont souvent exploité les anfractuosités et les reliefs pour se protéger. Ils ont aussi appris à exploiter l’étrange énergie contenue dans certaines pierres qui leur permet d’entretenir des éclairages comme de créer des ressources pour les plus puissantes d’entre elles. Ainsi une armée en campagne peut-elle se nourrir grâce à ces pierres.

Dans un lointain passé, pas mythologique mais presque car les traces historiques sont assez obscures, d’autant que l’érudition n’est le fait que d’une minorité, une caste de chevaliers portant des armures et des épées exceptionnelles protégeaient les populations d’un fléau, jusqu’à ce que caste et fléau disparaissent. Quand commence véritablement le récit, le monde est divisé entre plusieurs royaumes humains qui vivent plutôt en paix entre eux, mais les humains ne sont pas la seule espèce humanoïde : ils exploitent aussi une race d’esclaves, les Parsh-Men et ont découvert avec stupéfaction des êtres de cette race qui vivaient librement, les Parshendi. Au commencement du livre, un assassin, qui ne s’appelle pas Scride, vêtu comme un Parshendi, tue le roi d’Alethi, bien que celui-ci possède une des armures évoquée. Commence une guerre de vengeance qui dure depuis dix ans quand apparaissent ceux qui semblent être les héros du livre : Kaladin, un jeune guerrier réduit en esclavage ; Shallan, une fille de hobereau ayant un plan foireux pour sauver sa famille du désastre ; le prince Dalinar Kholin et ses fils, frère et neveux du roi assassiné, qui participent depuis dix ans à cette guerre aussi stupide qu’interminable consistant à affronter les Parshendi au travers d’un gigantesque plateau traversé par des ravins qu’on ne peut traverser sans pont et donc sans pontonnier.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il ne se passe pas grand chose de plus dans The Way of Kings où les chapitres alternent entre les personnages, Kaladin ayant droit à son tour plus souvent que les autres puisque l’auteur recourt au flashback pour expliquer comment il est devenu un esclave dont la vie ne vaut rien. On imagine l’habileté et le talent qu’il faut à Brandon Sanderson pour tenir son lectorat avec une histoire qui semble ne pas avancer. En fait, l’auteur révèle très progressivement au fil des pages de nouvelles information sur le monde qu’il a créé. Et le pire est que cela marche : le lecteur est accroché, ferré, à la merci d’un écrivain qui doit être un grand sadique, car il a révélé que The Way of Kings devait être le poing de départ d’une série dont il pensait, sans précision supplémentaire, qu’elle serait longue. Une nouvelle Roue du temps ?

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