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Apocalypse sur le Texas

samedi 7 juillet 2012, par Maestro

DESSIN : Bojan KOVACEVIC (1957-)

SCENARIO : Fred DUVAL (1965-), Jean-Pierre PECAU, Fred BLANCHARD (1966-)

Couleurs : THORN

France, 2012

Delcourt, coll. "Néopolis - série B", 58 p

ISBN : 978-2-7560-2712-8

Décidément, dans la série Jour J, les tomes se suivent et ne se ressemblent pas ! Après un huitième volet plutôt décevant, ce neuvième épisode est de la trempe du cinquième, Qui a tué le président ?, lui aussi centré sur les Etats-Unis. Cette fois, le point de divergence se situe au moment de la crise de Cuba. L’escalade entre Moscou et Washington a en effet dégénéré, conduisant à des tirs nucléaires sur les Etats-Unis et à une riposte générale de ce qui restait d’autorités étatsunienne, ayant pour effet l’annihilation quasi-totale de l’URSS.

Les Etats-Unis se retrouvent toutefois sérieusement affaiblis, soumis à de fortes tendances sécessionnistes. C’est en particulier le cas du côté des anciens Etats confédérés, avec la figure du Protecteur, alias Charlton Heston ! Cinq ans après la guerre des 10 000 soleils, le Mexique a des vues sur le Texas, ce qui pousse le président officiel des Etats-Unis, Kissinger, à solliciter l’aide franco-britannique. C’est ce qui conduit un officier français à se retrouver dans cet imbroglio hautement sensible, d’autant qu’est en jeu le contrôle d’une des dernières bases de lancement de missiles nucléaires Titan…

Intelligemment, ce neuvième tome articule de manière équilibrée l’intrigue à grande et à petite échelle, avec de nombreux éléments géopolitiques, en particulier les ambitions d’une Chine maoïste cherchant à devenir maîtresse de l’arme atomique. Le ton est volontiers dur, violent, avec des scènes d’affrontement particulièrement réussies. Il faut dire que certains personnages sont extrêmement bien trouvés, à commencer par Frère Lee, un des chefs des hommes du Protecteur, personnage raciste et fanatique digne de figurer dans un film. L’ambiance flirte d’ailleurs en partie avec le western, en plus du film de guerre, avec une grande efficacité ; le final renoue pour sa part avec un thème classique, celui des militaires de base dépassés par la realpolitik des dirigeants politiques et les intérêts économiques (ici, sans surprise, le pétrole).

Certes, on peut toujours émettre quelques critiques à l’endroit du scénario -les vents qui maintiennent l’Europe à l’écart des retombées radioactives, c’est tout de même un peu gros ! De même, pourquoi ne pas davantage tenir compte de possibles soulèvements révolutionnaires dans les zones fragilisées par le conflit, autres que simplement destructeurs et stériles ?-, mais incontestablement, Apocalypse sur le Texas s’impose comme un des meilleurs titres de la série.

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