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Le Quatrième homme (Planetary, 2)

dimanche 5 juin 2016, par Maestro

DESSIN : Warren ELLIS (1968-)

SCENARIO : John CASSADAY

Couleurs : Laura MARTIN

Etats-Unis, 2001, The Fourth Man

Semic Books, 2004.

Avec ce second ensemble de quatre aventures, la série Planetary se révèle comme encore plus elliptique que précédemment, ambitieuse, certes, mais d’un abord sincèrement exigeant, tout particulièrement avec l’ouverture progressive des vannes de la mémoire d’Elijah Snow.

On retrouve le trio constitué de Jakita, aussi ravissante que dangereuse, du Batteur, véritable geek débridé, et d’Elijah Snow, qui apparaît plus que jamais comme la clef de voûte du groupe. Leurs nouvelles aventures emmènent cette fois nos trois super-héros à Londres, dans le désert du Nouveau-Mexique, ou carrément près d’une planète nommée Fiction, concrétisant la superposition du monde réel et des créations fictionnelles. La difficulté, pour bien apprécier tout le sel de cette série profondément métatextuelle, réside dans les vastes connaissances en imaginaire populaire qu’il convient de maîtriser, d’autant que Warren Ellis semble prendre un malin plaisir à dissimuler ses références sous des masques à plusieurs dimensions…

La première histoire, tournant autour de la mort de Jack Carter, est une mise en perspective de la nostalgie pour les années 80 en même temps qu’une critique sans concession de l’ère Thatcher, génératrice ici d’une « culture [tout aussi] effrayante » et d’une galerie de personnages plus énigmatiques les uns que les autres. « Le jour où la Terre ralentit » est un hommage aux années 50, plus particulièrement à son patrimoine cinématographique, à travers l’histoire poignante de la métamorphose subie par une femme, Allison, lors d’expériences menées contre des opposants de gauche par les autorités étatsuniennes. On reconnaît ici la dimension engagée, libertaire, de Warren Ellis, qu’il faut davantage lire comme une métaphore de l’anticommunisme plutôt que comme une validation de certaines théories du complot.

Belle histoire également que celle de « Magies enfuies, magies perdues », qui voit un alter-égo de Superman liquidé par les autorités, une des images les plus fortes de ce volume ; le même scénario met en scène une Wonder Woman jamais nommément identifiée, incarnation d’une utopie sociale aux relents christiques. L’imagination littéralement débridée du scénariste couplée au découpage très dynamique et filmique du dessinateur font en tout cas de Planetary une série hautement recommandable, corridor ouvrant d’innombrables portes vers la culture science-fictive du XXe siècle.

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