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CHRISTINE

samedi 18 janvier 2014, par Maestro

John CARPENTER (1948-)

Etats-Unis, 1983

Keith Gordon, John Stockwell, Alexandra Paul

Après The Thing, qui ne fut pas le succès qu’il aurait mérité d’être, et avant le plus consensuel Starman, John Carpenter décida d’adapter en 1983 un roman de Stephen King, Christine, paru la même année. Comme dans Halloween, l’horreur fait ici partie de notre quotidien, personnifiée dans un des symboles les plus frappants de la société de consommation et de la culture étatsunienne en particulier, la voiture, comme une métaphore de l’aliénation que sa possession peut susciter. Toutefois, Christine est un film plutôt sobre et peu démonstratif, dénué de véritable aspect gore, sans pour autant que l’on puisse parler d’un long métrage totalement grand public en raison du langage souvent peu châtié de nombre de personnages (ce dernier pouvant cependant séduire des spectateurs jeunes).

L’action se déroule en Californie, dans l’univers lycéen de la fin des années 1970. Dennis est un adolescent à qui tout semble sourire, au contraire de son meilleur ami, Arnie Cunningham. Look de binoclard, maladresse sociale, persécution de la part d’élèves plus bruts et moins brillants, absence de succès avec la gent féminine, tout semble se liguer contre lui. Mais son destin bascule le jour où il aperçoit une vieille voiture de 1957 à vendre. S’en rendant propriétaire sur un coup de tête, il entreprend de la restaurer dans le même temps où il s’éloigne de ses parents et de son ami Dennis. La métamorphose est alors totale, ce que rend très bien le jeu de son interprète, Keith Gordon, et Arnie parvient même à sortir avec la plus jolie fille du lycée. Mais sa relation avec sa voiture va devenir de plus en plus fusionnelle, conduisant à l’irréparable…

Ce qui frappe dans Christine, c’est d’abord la réussite visuelle : la Plymouth Fury est superbement mise en valeur, d’un rouge sanguin rutilant, et elle incarne à certains égards un chaperon tout aussi redoutable que pouvait l’être Mike Myers, le gardien de la virginité féminine. Ici, Christine est une maîtresse jalouse, qui voue un attachement exclusif à son conducteur et bienfaiteur, sorte de matérialisation des pulsions les plus sombres de l’adolescence, de son sentiment de toute-puissance. L’originalité du propos de Stephen King, qui a eu l’intelligence de transférer le thème de la hantise sur un élément contemporain, est ici habilement transposée par John Carpenter, même si le résultat, peut-être en raison de cette adaptation, ne s’impose ni comme son meilleur film, ni comme son œuvre la plus originale (son remake du Village des damnés reconduira des limites similaires).

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