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THE THING (2011)

samedi 1er février 2014, par Maestro

Matthijs VAN HEIJNINGEN (1965-)

Etats-Unis, 2011

Avec Mary Elizabeth Winstead, Joel Edgerton.

Pour ceux qui en seraient moins familiers que de la saga Alien, rappelons en quelques mots la généalogie de The Thing. A l’origine nouvelle de John Campbell, publiée en 1938 (voir le recueil Le Ciel est mort), elle fut adaptée pour la première fois par Hollywood en 1951 (La Chose d’un autre monde), puis revue et corrigée -pour le meilleur, selon moi- par John Carpenter en 1982 (The Thing) ; sans oublier quelques créations annexes, ainsi de la nouvelle de Peter Watts, « La Chose » (dans Utopiales 2010).

Une trentaine d’années après, et dans un parallélisme certain avec Prometheus qui plongeait dans les origines du mythe Alien, un nouveau métrage propose une préquelle au The Thing de Carpenter. Ce dernier avait en effet offert quelques éléments à la sagacité des spectateurs sur ce qui s’était passé dans la base scientifique norvégienne de l’Antarctique avant la contamination de la station étatsunienne… Des éléments qui suscitaient bien sûr questions et troubles, du chien en fuite ouvrant le métrage à l’exhumation du vaisseau spatial, avec toute l’équipe comme en communion autour de la fosse, en passant par ce qui restait de la station telle que MacReady et le docteur la découvrirent, en particulier le sarcophage de glace et la créature brûlée qu’ils ramenèrent à la base…

Nous sommes d’emblée replongés au début des années 80, avec une scène d’ouverture assez impressionnante, lorsque le véhicule d’exploration polaire découvre, un peu malgré lui, le vaisseau extra-terrestre enfoui sous les glaces. Les concepteurs du film n’ont toutefois pas souhaité se contenter de l’équipe norvégienne, et lui ont adjoint une étatsunienne, en la personne de la paléontologue Kate Lloyd, qui assiste son compatriote Sander Halvorson. Certes, celle-ci amène une présence féminine bien agréable, mais on peut toutefois s’interroger quant à la cohérence de la chose (comment la station étatsunienne du The Thing de Carpenter, justement, aurait-elle pu ignorer la présence de deux compatriotes scientifiques à si peu de distance ?), même si ce n’est là qu’un détail n’entravant pas la maîtrise de la suite des événements.

Avec l’arrivée sur place des spécialistes étatsuniens, le rythme se fait soutenu. On passe ainsi de l’extraction de la chose dans les glaces à sa libération et aux premiers meurtres qu’elle perpétue. L’ambiance pesante devient donc vite similaire à celle du The Thing de 1982, jusqu’à certaines similitudes qui pourraient friser le copier-coller (le test du sang) si les surprises n’étaient pas au rendez-vous (la méthode inédite de Kate pour détecter les copies). Sandor Halvorson amène également une problématique différente. Il incarne en effet le scientifique qui fait passer les préoccupations de sa science avant les considérations strictement humanistes, ce fanatisme s’accompagnant en outre d’un certain autoritarisme sexiste (sa relation avec Kate Lloyd est là pour en témoigner). Le clin d’œil avec le Bishop d’Alien n’est pas loin…

Un des grands intérêts de cette préquelle est à la fois de redécouvrir des lieux ou événements à peine entraperçus dans le film de John Carpenter, et de voir dissipés certains points aveugles. Même si la réalisation maintient au départ un mystère partiel sur elle, on peut enfin découvrir la première apparence de l’extra-terrestre (tout au moins celle qu’elle avait peut-être endossée sur une autre planète), proche de celle des arachnides de Starship Troopers. Les progrès réalisés depuis 1982 dans les techniques d’effets spéciaux permettent également d’apprécier les mutations de la chose à travers des séquences franchement saisissantes… Reste une énigme majeure : pourquoi, alors qu’ils y ont accès, les occupants de la base norvégienne ne prennent pas le temps d’explorer l’intérieur du vaisseau spatial afin peut-être d’y trouver des moyens de mieux combattre la créature ?

Certes, le final du film nous permet de pénétrer enfin dans cet appareil, confirmant au passage la nature profondément lovecraftienne de la chose, mais en laissant beaucoup de questions posées, y compris celle-ci : la créature était-elle à ce point perturbée pour laisser l’écoutille de son navire grande ouverte, alors qu’elle aurait si facilement pu se claquemurer en vue du décollage ? Il n’empêche, lorsque le métrage s’achève, les fils sont pratiquement tous noués avec le The Thing de John Carpenter, confirmant qu’on a là un jumeau extérieurement semblable, mais qui révèle une habileté certaine et apporte quelques éléments nouveaux, parvenant ainsi à s’imposer qualitativement parlant. Deux points obscurs demeurent malgré tout : le sort de Kate, et l’énigme de cette ronde d’individus autour du vaisseau dégagé, visible sur les bandes vidéo norvégiennes…

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