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Kadath, le guide de la cité inconnue

samedi 24 mai 2014, par Maestro

David CAMUS, Mélanie FAZI, Nicolas FRUCTUS, Raphaël GRANIER DE CASSAGNAC (1973-) et Laurent POUJOIS (1964-)

France, 2010

Mnémos, coll. "Ourobores", 164 p.

La collection Ourobores a tous les atouts pour revaloriser le livre papier face à son concurrent numérique. Certes, ses ouvrages sont chers, mais ils réhabilitent pleinement toute la beauté de l’objet livre. Grand format, Kadath. Le guide de la cité inconnue est superbement illustré par Nicolas Fructus, et mis en page d’une manière à la fois esthétique et évocatrice des suppléments de jeux de rôles (il est d’ailleurs directement lié à la nouvelle édition de L’Appel de Cthulhu parue chez Sans Détour). Sur les côtés des pages de textes, on trouve en effet des précisions sur tel ou tel lieu, habitant ou conseil touristique concernant cette ville du rêve profond qu’est la Kadath de Lovecraft et Randolph Carter, avec en prime une note de connaissances mythiques et de folie, qui rappelle fortement la santé mentale de L’Appel de Cthulhu, justement…

Tous les amateurs de l’œuvre du reclus de Providence, et plus généralement tous ceux qui ont un jour été séduits, attirés, magnétisés par les contrées du rêve (citons, entre autre, la trilogie du Guerrier du rêve de Brian Lumley, sans oublier Les Contrées du rêve de Lovecraft lui-même, justement republiées par Mnémos) ne peuvent passer à côté de ce livre aussi indispensable que captivant. Car au-delà des renseignements éparpillés tout au long des pages, que l’on a plaisir à retrouver sur un superbe plan de la ville, Kadath. Le guide de la cité inconnue se compose de quatre récits éclatés et successivement présentés. Mise en abyme oblige, il y a celui de l’innommé, coordinateur du projet de guide, qui se retrouve lui aussi plongé dans les rues de Kadath ; on retrouve également Abdul Al-Azrhed, le célèbre auteur du Nécronomicon, désireux de pénétrer à toutes forces dans le château d’onyx, construction la plus imposante de la ville et repère des dieux, et qui est ici accompagné d’un livre vivant ; personnage totalement inédit, Aliénor, une nonne du monde réel qui, fécondée par une mystérieuse créature onirique, se retrouve éternellement enceinte, et s’efforce de ramener à la vie les anciens dieux ; enfin, last but not least, Lovecraft lui-même, qui attend de pouvoir réclamer à Nyarlathothep le prix de ses créations littéraires.

L’ensemble est un superbe hommage à l’univers lovecraftien, à la fois par son souci de réalisme et son sens du détail sur une cité qui n’est que brumeuse dans les fictions jusqu’alors publiées, et par le pouvoir de l’imaginaire dont il est l’incarnation. Les dieux de Kadath, autrefois légions, se sont en effet considérablement réduits en nombre, par érosion de croyants, et sont supplantés par les Grands Anciens ; Aliénor découvre même que ceux qui ne sont pas morts sont finalement bien présents, mais amnésiques, superbe concrétisation d’une approche matérialiste de la divinité. Quant aux éminences de Kuranès et Carter, la première abrite les villas de certains écrivains célèbres (Poe, Carroll), tandis que la seconde est un concentré des créations lovecraftiennes. Et lorsque l’on ferme à regret la dernière page de l’ouvrage, une seule chose pourrait nous satisfaire : rêver Kadath à notre tour.

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