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Madame Atomos parie sur la mort

La Saga de Mme Atomos - 8

samedi 14 juin 2014, par Maestro

Michel & Sylvie STEPHAN

France, 2014

Black Coat Press, coll. "Rivière Blanche", 224 p.

ISBN : 978-1-61227-288-7

Michel Stephan, découvert via ses contributions aux Compagnons de l’ombre, avait déjà proposé un Madame Atomos sème la tempête il y a un an, assumant la difficile responsabilité de succéder à André Caroff. Cette fois, c’est aidé de Sylvie Stephan -on reste en famille- qu’il livre un second épisode inédit des aventures de Kanoto Yoshimuta et de son ennemi juré, Smith Beffort, se situant chronologiquement dans la continuité du précédent.

Et d’emblée, l’ambition est relevée d’un cran. Il faut dire que la structure narrative adoptée entretient le mystère et l’intérêt du lecteur. Eclatée, elle nous laisse entrevoir des séquences alléchantes, mais dont on ne comprend pas immédiatement tous les tenants et les aboutissants : un militaire étatsunien qui exfiltre une prostituée japonaise dont il est amoureux au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour lui offrir un refuge dans son pays, loin des mafias locales ; une soucoupe élaborée par Madame Atomos, engloutie puis récupérée par l’armée américaine pour la disséquer dans la fameuse Zone 51 ; un ancien scientifique nazi engagé par l’organisation Atomos pour activer un prototype de bombe US et rayer Las Vegas de la carte ; une Madame Atomos, enfin, qui se retrouve en cellule au fin fond du désert du Nevada, mais pour se voir solliciter son aide…

Les chapitres sont courts, le rythme soutenu, et les ingrédients idéals pour satisfaire les amateurs éclairés du genre. D’autant que Madame Atomos, que l’on côtoie dans l’adversité, apparaît plus humaine et ambiguë que jamais. En outre, le récit distille une atmosphère horrifique du plus bel effet, qui ne fait que s’accentuer lorsque l’on prend pleinement conscience des monstruosités cthulhoïdes qui se dissimulent dans les profondeurs d’une ancienne terre amérindienne… Les seuls regrets que l’on peut formuler tiennent à certains silences ou mystère persistants (sur les sous-sols de Salvation en particulier), occasion éventuelle d’un nouvel épisode, et aux clins d’œil à la (contre) culture de l’époque, qui ne font que l’effleurer. Outre un certain colonel Parker, il faut surtout mentionner le journaliste qui accompagne Beffort, prototype d’un nouveau journalisme d’investigation baignant dans les vapeurs psychotropes…

En l’état, Madame Atomos parie sur la mort est de toute façon une jolie réussite, supérieure à Madame Atomos sème la tempête. Le volume est complété par une préface d’Artikel Unbekannt, qui revient très utilement sur les précédentes aventures de Madame Atomos depuis sa création, et par une nouvelle de Pete Rawlik, « Les cinq dragons », qui figurait à l’origine dans le douzième tome des Compagnons de l’ombre, et s’avère malheureusement trop elliptique pour ceux qui ne maîtrisent pas tous les canons de la littérature populaire…


Pour commander La Saga de Madame Atomos - 8 suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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