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Les Revenants de Whitechapel

samedi 13 septembre 2014, par von Bek

George MANN (1978-)

Grande-Bretagne, 2008, The Affinity Bridge

Séduit par L’étrange affaire de Spring Heeled Jack, et avant de me laisser tenter par des acquisitions en VO qui viendraient grossir une pile de "à lire" déjà obèse, j’ai cherché quelque chose de récent en français qui s’en rapprocherait et je suis tombé sur Les Revenants de Whitechapel publié une première fois par les éditions Eclipse les bien nommées.

En 1903, Sir Maurice Newbury, éminent professeur d’anthropologie mais surtout agent spécial directement placé sous les ordres de Sa Gracieuse Majesté la reine Victoria, impératrice des Indes, est chargé d’assister Scotland Yard dans la quête d’un mystérieux assassin qui sévit par strangulation dans Whitechapel. Assisté de sa nouvelle aide, la délicieuse et forte Miss Véronica Hobbes, Newbury ne progresse guère dans l’enquête quand lui est confiée une affaire prioritaire, l’accident inexpliqué d’un dirigeable conduit par un automate. Pour couronné le tout, un mal étrange venu des Indes transforme les personnes infectées en zombies cannibales.

Conciliant éléments fantastiques - jusqu’à preuve du contraire la maladie zombifiante en relève - ou du moins retrouvant une sensibilité assez proche du penchant paradoxal du XIXe positiviste pour l’occulte, et tout un éventail d’engins dérivés de la technologie à vapeur, dirigeables compris, George Mann montre qu’il a bien assimilé le genre steampunk.

Dans le même temps, ce roman constitue à la fois un condensé et un hommage à toute une culture populaire, à commencer par Sherlock Holmes dont le personnage de Newbury, avec son addiction au laudanum mais aussi avec sa passion pour l’occulte et l’étrange proche de celui de Conan Doyle, représente l’aspect le plus évident. Le théâtre des lieux renvoie bien sûr à Jack l’éventreur qui sévit à Whitechapel mais quelques années auparavant. Cependant, aucune allusion n’est faite au fameux tueur de prostituées. L’éditeur français a parfaitement su exploiter ce caractère populaire en affublant la série d’un titre très Adèle Blanc-Sec. Le format adopté relève aussi de la littérature populaire : une histoire de roman policier, mâtinée d’une succession de scènes d’action finales, découpée en des chapitres courts.

C’est peut-être là que le bât blesse un peu. Somme toute l’intrigue est assez simpliste et la solution prévisible. Le cadre, chichement décrit dès lors que l’on sort des pièces relève un peu du caricatural, y compris dans les modes de vie. Si les gouvernantes respectives des héros sont des hommages à Mrs Hudson, la consommation abusive de Earl Grey tient de l’addiction. Somme toute Mark Hodder a bien mieux su exploiter le cadre historique et le détourner, même s’il n’a pas l’avantage de l’antériorité, publiant en 2010.

Dès Les Revenants de Whitechapel, George Mann montrait qu’il entendait bien donner une suite à son roman et à ce jour la série compte pas moins de quatre romans et deux œuvres d’une taille moindre. Les vicissitudes des éditions Eclipse ont peut-être fortement compromis la parution des volumes suivants en français, mais qui sait...

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