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Dans l’océan de la nuit (Le centre galactique, 1)

samedi 25 avril 2015, par Maestro

Gregory BENFORD (1941-)

Etats-Unis, 1978, In The Ocean of Night

Dans l’océan de la nuit est le premier roman de Gregory Benford, qui a par la suite brillé dans le firmament de la science-fiction, que ce soit avec la suite du cycle de Fondation (Fondation en péril) ou avec des romans indépendants, tels La Sphère ou Les Enfants de Mars. Devenu premier volet d’un cycle, celui du Centre galactique, Dans l’océan de la nuit a sans nul doute constitué une source d’inspiration majeure pour Stephen Baxter, plus particulièrement sa trilogie des Univers multiples. Le personnage central du roman, Nigel Walmsley, est un parfait précurseur de Michael Poole, et comme dans Espace, l’univers, y compris le proche espace, grouille de vie, passée ou présente.

Tout commence à la toute fin du XXe siècle, lorsque Nigel Walmsley, astronaute en mission sur Icare, un astéroïde qui menace la Terre, découvre en ses profondeurs qu’il a autrefois été occupé par une intelligence extra-terrestre. Désobéissant aux ordres, il entreprend l’exploration partielle de cet artéfact, devenant aussi admiré qu’haï. La situation sur Terre n’est alors guère reluisante, entre une apparente dégradation du climat, une pollution généralisée, et une fracture croissante entre quelques pays développés qui surnagent (les Etats-Unis au premier chef) et d’autres en crise. S’ajoute à ce contexte de déréliction l’émergence d’une spiritualité inédite, celle des Nouveaux Enfants, syncrétisme religieux qui semble vouloir se recentrer sur la Terre et ses habitants. L’intrigue est scandée par de nouvelles avancées dans la connaissance de l’espace extérieur, dans un premier temps la découverte d’un vaisseau extra-terrestre, surnommé le Dahu, avec qui Nigel parvient brièvement à entrer en communication avant son départ du système solaire, puis, dans un second temps, l’exploration d’un ancien astronef échoué sur la Lune, qui coïncide avec une explosion thermonucléaire d’origine inconnue en plein cœur des Etats-Unis.

Gregory Benford parvient aisément à capter le lecteur, sans jamais que les propos hard science ne soient trop abscons, et en réussissant même, dans la première partie du roman surtout, à camper des relations humaines convaincantes et touchantes (le trio amoureux constitué par Nigel – Shirley – Alexandra et la maladie de cette dernière). Il use également à certains moments d’un style plus libre, sans ponctuation, reflétant la plongée dans l’harmonie universelle… Certes, les révélations sont distillées au compte-goutte, mais les données sont suffisamment intéressantes pour avoir jeté leur lueur jusque sur les œuvres de Baxter et Reynolds (la généralisation de la vie mécanique dans l’univers). S’y affrontent deux visions antagonistes du monde, celle des créationnistes -ici les Nouveaux Enfants- et celle des scientifiques, Benford, tout en essayant de les réconcilier autour d’un au-delà des apparences (le monde des essences, qui caractériserait les intelligences organiques), s’inscrivant en réalité dans la lignée d’un Arthur C. Clarke (ou des néo-évhéméristes), puisqu’il voit dans une espèce extra-terrestre l’aiguillon essentiel de l’évolution humaine…

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