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MOON

samedi 8 novembre 2014, par Maestro

Duncan JONES (1971-)

Grande-Bretagne, 2009

Sam Rockwell, Robin Chalk, Matt Berry

Moon, film intimiste, est le premier long métrage du réalisateur Duncan Jones, lauréat de plusieurs prix, parmi lesquels les prix du jury et de la critique au festival de Gérardmer. Il n’a pourtant pas connu de sortie officielle sur les grands écrans du marché français.

L’action se déroule dans un proche avenir, la Lune étant devenue le nouvel eldorado et la solution à la crise écologique. Des réserves d’hélium 3 y ont en effet été découvertes, une nouvelle source d’énergie propre. Sam Bell est l’unique responsable humain d’une de ces bases d’exploitation appartenant à la compagnie Lunar ; dans ses tâches de contrôle des moissonneuses automatiques, il est épaulé par un robot, Gerty (dont la voix originale est celle de Kevin Spacey). Le contrat de trois ans qu’il avait signé arrive à terme dans deux semaines, et il ne rêve que de retrouver enfin son épouse et sa petite fille. Toutefois, la routine qu’il connaît se voit brisée par plusieurs phénomènes étranges : la vision d’une jeune femme dans la base, un message vidéo de sa femme qui semble coupé, jusqu’à une silhouette à la surface de la Lune, qui provoque l’accident de Sam. Il est finalement récupéré par un clone, et tous deux se retrouvent ensemble dans la base, subissant les avanies de leurs mémoires respectives et s’interrogeant surtout sur leur nature : qui est le Sam original, qui est la copie ? En se lançant dans des recherches approfondies, que ce soit dans la base, afin d’y découvrir des quartiers secrets, ou hors de son périmètre, afin de comprendre l’origine des perturbations des communications, les deux Sam vont très vite comprendre l’atroce vérité…

Moon se place clairement dans la lignée de films comme 2001, l’Odyssée de l’espace (les décors, les quelques accents de musique classique) et Solaris (les visions de Sam), d’autant qu’il est basé sur un questionnement quasiment métaphysique. L’exil sur la Lune, loin de la Terre (belle scène à la 66ème minute), vaut exil de l’humanité et de soi. Ce faisant, l’air de rien, Moon nous interroge sur la nature d’un clone, sur son lien avec la famille dont il est issu, sur ses sentiments et la légitimité de son existence. C’est également à une dénonciation du capitalisme et de sa soif de profit sans scrupules que nous assistons, l’entreprise Lunar pratiquant la manipulation affective et l’obsolescence programmée (qui explique probablement les hallucinations) à une échelle encore jamais vue, afin de disposer d’une main d’œuvre fiable et pratiquement infinie…

Si l’on peut comprendre l’utilité de conserver une part d’humanité dans le contrôle de mécanismes automatisés, via cette série de clones, l’incohérence touchant à la programmation déficiente de Gerty, qui semble manifester des sentiments sans qu’aucune raison ne le justifie, est un incontestable point noir d’un film plutôt réussi, en particulier grâce à la prestation étonnante de Sam Rockwell.

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