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Silo générations

samedi 20 décembre 2014, par Maestro

Hugh HOWEY (1975-)

Etats-Unis, 2013, Dust

Actes Sud, coll. "Exofictions", 2014, 432 p.

Après un Silo Origines qui s’avérait plus original de par sa trame double, entre passé et présent de l’intrigue, Silo Générations revient à une temporalité plus simple, similaire à celle du premier tome. On retrouve d’ailleurs les mêmes personnages, Juliette, bien sûr, qui fait de plus en plus figure d’héroïne majeure, mais aussi Lukas, l’observateur des étoiles et amant de Juliette, Solo, l’ancien ermite du silo 17, la famille recomposée qu’il a sous sa responsabilité (avec la jeune Elise, aussi instruite que naïve), ainsi que Donald, le personnage crucial découvert dans l’ouvrage précédent.

Après avoir exploré la chronologie ayant conduit à l’existence de plusieurs dizaines de colonies de survivants, c’est d’une certaine manière la géographie qui est au cœur de cet ultime épisode, que l’on aurait tout aussi bien pu titrer Silo Rébellions. Juliette, devenue maire du silo 18, a en effet entrepris de creuser à travers la paroi de leur refuge pour rejoindre de la sorte le silo 17 et les amis qu’elle avait dû y laisser. Dans le même temps, elle repart pour une brève expédition à l’extérieur, afin de ramener des échantillons et d’élucider la nature empoisonnée ou non de la surface. Mais ces démarches, qui bousculent la stabilité et les certitudes des habitants, suscitent peur et résistance… Parallèlement, dans le silo 1, l’état de santé de Donald, qui s’ingénie à dissimuler à la fois le travail mené par sa sœur réveillée en secret, les bouleversements en cours dans plusieurs silos et sa propre usurpation d’identité, se dégrade dangereusement.

Avec Silo Générations, Hugh Howey poursuit ses révélations sur la réalité du projet Silo, et sur le machiavélisme de ses concepteurs, non sans aller jusqu’à quasiment ressusciter les morts. Il brise également les murs de ces abris, pour lâcher enfin une partie de sa population à l’air libre. Disons-le franchement, ce n’est certainement pas le tome le plus convaincant de la trilogie, tant certaines découvertes paraissent un peu forcées, ne parvenant pas à surprendre autant que dans Silo Origines. Mais si le début est un peu laborieux, l’accélération de l’action avec la solution finale du silo 18 et les retournements de situation à l’intérieur même du silo 1 rendent la lecture prenante. Une fois de plus, c’est le pouvoir autoritaire, le fait que seule une mince élite décide pour les autres et s’exonère de toute responsabilité, de toute conscience quant à l’extermination d’un monde qui sont visés, avec en arrière-plan le risque mortifère porté par les nouvelles technologies. A l’encontre de ce système, la nécessité du dialogue, de l’empathie, de la compréhension et de l’ouverture en lieu et place d’un repli sur son propre microcosme… Mais l’éloge de la liberté qui s’impose comme l’axe majeur de la trilogie est suffisamment plastique pour être interprété dans un sens radicalement contestataire comme dans une optique plus libertarienne…

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