Accueil > CINECSTASY > A > AVENGERS, L’ERE D’ULTRON

AVENGERS, L’ERE D’ULTRON

samedi 2 mai 2015, par von Bek

Joss WHEDON (1964-)

Etats-Unis, 2015, Avengers : Age of Ultron

Robert Downey Jr, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo, Chris Evans, Chris Hemsworth, James Spader, Elisabeth Olsen, Aaron Taylor-Johnson, Paul Bettany, Samuel L. Jackson, Don Cheadle

Aux (trépidantes) premières images du film, le spectateur pourrait avoir comme l’impression d’avoir loupé un épisode : les Avengers au grand complet - à savoir Captain America, Iron Man, Thor, Œil-de-faucon, la Veuve noire et Hulk - attaquent une forteresse en Sokovie (une Syldavie marvellienne) pour en déloger un certain Baron Struker, chef de l’Hydra qui y détient un sceptre de Loki et "optimise" des êtres humains en les dotant de pouvoirs. Si Hydra m’était connue, je ne connaissais nullement de Struker ni comment il avait pu mettre la main sur le sceptre de Loki, apparu dans Avengers. Ma certitude d’avoir loupé un épisode n’a fait que se renforcer quand, après avoir non sans mal mis la main sur ledit sceptre, Stark et Banner évoque le projet Ultron, comme si le nom avait déjà été mentionné auparavant, et donne naissance grâce au sceptre à une IA chargée de défendre l’humanité. Dès le début cependant le ver (informatique) était dans la pomme (virtuelle) et Ultron échappe à ses créateurs et développe une conception toute particulière de sa mission : pour protéger l’humanité, il faut la forcer à évoluer.

On touche là au défaut de l’intérêt de l’ambitieux projet Marvel : les films s’enchaînant par de ténues scènes post-génériques, en rater un peut entraîner un désarroi au début du suivant. Or, si j’ai bien vu Thor, le monde des ténèbres, je n’ai pas encore vu Captain America, le soldat de l’hiver, lacune que je vais combler au plus vite, mais qui n’en pointe pas moins un inconvénient à ce deuxième opus de l’équipe Avengers. De même, ceux qui n’auraient pas vu Les Gardiens de la galaxie pourraient éprouver une certaine perplexité devant cette histoire de joyaux de l’infinité. On sait que ce dernier film posait déjà avec acuité le problème du suivi pour un profane. Péché peut-être véniel, mais je me devais de le signaler, car, honnêtement,... c’est le seul !

En quelques deux heures de film, je n’ai pas eu une seconde la sensation de temps mort et n’ai donc pas vu le temps passer. A l’exception du problème évoqué précédemment, le récit est parfaitement maîtrisé alors que le premier Avengers présentait quelques faiblesses dans la construction d’ensemble mais, comme dans ce dernier, les images sont à la hauteur des combats homériques qui s’y déroulent.

Mieux, L’Ere d’Ultron n’est pas la coquille vide de réflexion qu’ont pu être d’autres films de la licence Marvel comme justement Les Gardiens ou Le Monde des ténèbres. Joss Whedon avait déclaré vouloir réaliser une suite « plus personnelle, plus douloureuse. Ça doit devenir la prochaine chose qui doit arriver à ces personnages, et pas seulement un réchauffé du premier opus. Avoir un thème qui est complètement frais à lui-même » [1], il a parfaitement tenu ses promesses. Son film approfondit les personnages - Tony Stark, la Veuve noire ou Banner notamment - en développant leurs sentiments, leurs situations (imaginez-vous une famille à l’un des Avengers ?). Il met à jour le doute de ses personnages, le doute quant à la cohésion de toute l’équipe. Il pose des questions sur les conséquences négatives que peut avoir toute création et, sur ce point, si le réalisateur dit s’être inspiré de L’Empire contre-attaque et du deuxième Parrain, c’est plutôt Frankenstein qui apparaît en arrière-plan.

Bien sûr tout cela est du déjà-vu et plutôt deux fois qu’une, le fameux questionnement sur le droit de l’humanité à continuer son numéro de funambulisme entre la beauté de sa créativité et l’horreur de ses actes est une constante dans le monde du Comics et de la philosophie de comptoir. Mais c’est toujours moins basique que nombre de morales qui peuvent être proposées dans de multiples films. Et surtout, c’est beaucoup moins mièvre !

Si le doute est présent chez les Avengers, l’ère d’Ultron, le spectateur n’a lui pas à en avoir : il verra un bon film.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?