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A Travers la mer des soleils (Le centre galactique, 2)

samedi 30 mai 2015, par Maestro

Gregory BENFORD (1941-)

Etats-Unis, 1989, Across the Sea of Suns

Dans ce second épisode du cycle du Centre galactique, on retrouve deux personnages majeurs de Dans l’océan de la nuit, Nikka, la scientifique japonaise, et surtout Nigel Walmsley, le seul être humain à avoir directement échangé avec des formes de vie extra-terrestre et à en être sorti transformé, voire transcendé. Cette fois, tous deux prennent part à l’expédition du Lancer, un astronef aménagé dans un astéroïde et lancé par la Terre afin d’atteindre des systèmes stellaires proches, susceptibles d’abriter de la vie. Un astronef qui fonctionne selon une logique plutôt anarchiste. Leur première destination est le système de Râ, dont provient la retransmission d’une émission de radio étatsunienne des années 50. Au cours de ses explorations sur la planète Isis, aux conditions de vie hostiles mais sur laquelle subsistent des traces de civilisation développée, l’équipage terrestre va tenter d’aborder un satellite artificiel, provoquant de ce fait une réaction fulgurante de ce qui ressemble fort à un artéfact mécanique. La poursuite de l’odyssée du Lancer et les renseignements apportés par les sondes terriennes vont permettre d’affiner les théories de Nigel sur le combat entre vies mécanique et organique, alors que son corps commence à mal supporter son vieillissement… Parallèlement, sur Terre, des formes de vie extra-terrestre et aquatiques ont été larguées, bouleversant le fonctionnement du système monde. Warren, un jeune japonais naufragé suite à une attaque des Essaimeurs, va justement réussir à entrer en contact avec leur rameau rival, celui des Raseflots. Il ne parviendra pourtant pas à empêcher l’embrasement nucléaire préparé de manière machiavélique par les machines intelligentes… (un élément qui est sans doute le plus daté, en lien direct avec le regain de guerre froide contemporain de la rédaction, mais qui est tout de même à l’origine de l’émergence d’une vie mécanique autonome).

Ce qui impressionne, chez Gregory Benford, c’est l’imagination dont il fait preuve quant aux formes de vie qu’il décrit. Les créatures qui peuplent Isis, véritables émetteurs radio géants, sont déjà sidérantes en soi, et les révélations sur leur véritable nature ne manquent pas d’interpeller et de faire réfléchir, anticipant d’une certaine manière sur un post-humanisme de l’urgence et de la survie. De même, les entités que l’on ne fait qu’entre-apercevoir, au détour d’un courant, dans les profondeurs de Pustules, sont riches de promesses, se rapprochant de ce qu’Arthur C. Clarke avait imaginé pour le satellite Europe. Les propos hard-science, pour leur part, oscillent entre données physiquement exigeantes (sur le mode de propulsion du Lancer, par exemple) et vulgarisation plus accessible (sur le cancer ou le danger de boire de l’eau salée). Quant à la problématique abordée dans le premier volet, celle d’une pluralité de vies dans l’univers mise en danger par une ou plusieurs entités mécaniques, qui anticipent d’une certaine manière sur la Singularité de Vernor Vinge (voire même sur Les Machines de dieu d’un Jack McDewitt), elle est ici affinée, prenant davantage de corps, d’ampleur, avec l’exploration directe ou indirecte de divers systèmes stellaires, et ouvrant un certain nombre de questions quant aux moyens de se dissimuler de leur courroux. S’y dessine une ode à la vie organique, à la coopération inter-espèces, à l’ouverture à l’intelligence, fragile certes dans sa corporéité, mais tenace dans sa volonté de survivre à toutes les épreuves, à tous les obstacles…

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