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Madame Atomos joue sur les maux (Mme Atomos, 9)

samedi 2 mai 2015, par Maestro

Michel & Sylvie STEPHAN

France, 2015

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", 240 p.

ISBN : 978-1-61227-375-4

Michel et Sylvie Stéphan semblent avoir désormais acquis une vitesse de croisière pour poursuivre la sage de la redoutable japonaise imaginée par André Caroff, Madame Atomos, adversaire indéfectible des Etats-Unis. Après Madame Atomos sème la tempête en 2013 et Madame Atomos parie sur la mort en 2014, voici donc Madame Atomos joue sur les maux, titre très sympathique qui surplombe un roman non avare en surprises, se déroulant en 1972.

Tout commence d’une manière plutôt étonnante, par la marge. Richard Tardif, métis nippo-amérindien, est un jeune adulte de vingt-cinq ans refusant de grandir. Ayant quitté son père, ouvrier agricole alcoolique et violent, il a fini par s’installer dans les îles Hawaï, et caresse sans grande volonté le rêve d’ouvrir un magasin de disques spécialisé dans le rock des années 1950. Ses relations se limitent à Susan, une droguée très ouverte, et Anna, enseignante de collège qui en pince pour Richard. La rumeur faisant d’elle une membre de l’organisation Atomos, Richard décide de postuler afin de donner enfin un sens à sa vie. Il se retrouve alors avec une unique mission sur le dos : dresser les plans détaillés, sous couvert d’une campagne de désinsectisation, d’une base américaine installée dans l’archipel d’Okinawa.

Toute cette première moitié du roman tire sa force de cette focale originale (Madame Atomos n’est jamais présente, et Smith Beffort n’apparaît que tardivement), des portraits humains qu’elle permet, également, ce qui ouvre directement sur la dimension plus tragique de la seconde moitié. Car bien sûr, l’organisation Atomos a prévu bien plus qu’un simple repérage de bases américaines au Japon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le sort qui leur est réservé, tel que Beffort le découvre, totalement impuissant, est frappant : soit les militaires étatsuniens ont été réduits en taille, soit leurs corps ont commencé à se décomposer bien que toujours en vie, soit ils ont été intégrés à la structure en béton d’un bâtiment, soit il ne reste d’eux que de fantomatiques esprits… Autant de visions marquantes, qui dissimulent de nouvelles expérimentations de la part de la machiavélique japonaise.

Le reste du roman consiste alors à tenter d’élucider ces événements, en exfiltrant les rares témoins de l’affaire, Anna (qui subit un supplice directement repris du 1984 d’Orwell) et surtout Richard, en état d’animation suspendu. Les éléments oniriques et la résolution dramatique de la romance entre les deux personnages ajoutent une incontestable plus-value à un roman singulier dans sa structure, réussi car singulier.


Pour commander Madame Atomos joue sur les maux suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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