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La Longue Mars

samedi 4 juillet 2015, par Maestro

Stephen BAXTER (1957-) & Terry PRATCHETT (1948-2015)

Grande-Bretagne, 2014, The Long Mars

L’Atalante, 2015, 416 p.

Voici donc le troisième et dernier volet de cette trilogie de science-fiction, dont la parution en français intervient à titre posthume pour Terry Pratchett, l’un des deux associés de cette collaboration improbable. Et disons-le d’emblée, l’empreinte de Baxter nous semble toujours nettement plus forte que celle de Pratchett, le roman ne nous faisant que modérément -et rarement- sourire. L’action se déroule plusieurs années après la catastrophe ayant frappé Primeterre à la fin de La Longue Guerre, cette colossale éruption volcanique du Yellowstone ayant ravagé une bonne partie de l’hémisphère nord. Nous retrouvons des personnages qui nous sont déjà familiers, avec toujours la thématique du voyage vers l’infini.

Maggie Kauffman est ainsi à nouveau chargée de mener une expédition d’exploration de la Longue Terre au nom des Etats-Unis, en allant au-delà de la centaine de millions de mondes vers l’ouest. Sally, elle, rejoint son père près de la Brèche et s’investit d’abord dans une expédition vers Mars, avant, à bord de planeurs spécialement conçus pour l’occasion, de parcourir la Longue Mars : l’existence d’une infinité de planètes parallèles semble en effet être directement liée à l’existence d’une conscience intelligente… Quant à Josué, il retrouve Lobsang, un Lobsang en plein questionnement existentiel, afin là aussi de parcourir les angles morts de la Longue Terre, à la recherche d’une forme d’intelligence sur-humaine.

Baxter, donc, encore et toujours, car au-delà des parallèles que l’on peut aisément tracer avec Voyage, la trilogie des Univers multiples ou Evolution, c’est la vie qui est au cœur de ce troisième tome. Vie multiforme sur la Terre, qu’elle soit végétale ou crustacée (ces crabes trop fortement anthropomorphisés), sans oublier ces nouveaux Enfants d’Icare que sont les Suivants, mais vie également sur Mars, permise par des fenêtres naturelles ponctuelles et l’apport de la panspermie (avec au passage un petit clin d’œil à Dune). Vie menacée par sa capacité à l’autodestruction également, la ville en ruines découverte sur une Mars pouvant être lue comme un avertissement vis-à-vis des dangers dont est gros le réchauffement climatique…

Ces visions toujours assez vertigineuses contrastent néanmoins fortement avec le peu d’évolution des cadres politiques et sociaux : quel ridicule avéré que ces efforts visant à planter sur Mars ou sur une énième Terre parallèle le drapeau des Etats-Unis !! Surtout, l’impression qui subsiste est celle d’une galerie des glaces, une succession d’idées intéressantes excessivement larges, mais qui sont pour l’essentiel survolées, esquissés (ainsi de cette belle image de l’ascenseur spatial martien). La trilogie de La Longue Terre, bien que d’une lecture agréable, en dépit de quelques redondances, ne s’impose définitivement pas comme la meilleure œuvre de Pratchett ou de Baxter.

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