Accueil > TGBSF > S- > Le Sablier vert

Le Sablier vert

samedi 1er août 2015, par Maestro

Michel JEURY (1934-2015)

France, 1977

Le Navire en pleine ville, coll. "Sous le vent classique", 2007

Le Sablier vert fait partie des romans que Michel Jeury enfanta pendant l’acmé de sa carrière d’écrivain de science-fiction, les années 1970, et qui ont été éclipsés par les chef d’œuvres reconnus que sont Le Temps incertain, Les Singes du temps ou Soleil chaud, poisson des profondeurs. En apparence, c’est vrai, il s’agit d’une histoire plus simple, plus linéaire aussi, que l’on pourrait en partie rapprocher de L’Univers-ombre. Il faut dire qu’elle avait été initialement conçue pour un public adolescent.

L’action se déroule sur une planète lointaine, plusieurs siècles après l’effondrement de la civilisation technologique qui a laissé un souvenir d’âge d’or perdu. L’empire d’Eristan, qui poursuit sa régression vers un état féodal, et où les inégalités de richesse sont extrêmement marquées, est la terre natale de Taël Ohelen, jeune archéologue qui entretient des sympathies appuyées pour le mouvement clandestin républicain. Il est d’ailleurs arrêté peu de temps avant le départ de l’expédition dont il devait être partie prenante, et dont il espérait pouvoir profiter afin d’explorer les ruines de la cité de Dirak, et d’y trouver peut-être le mythique sablier vert… Il se voit finalement confier la même mission par l’empereur en personne, et après de multiples péripéties, ayant obtenu la collaboration du guide et de l’interprète de l’expédition, Evilani Saïjin, il découvre à la fois ce qui se dissimule au-delà des frontières de l’Eristan et dans les sous-sols de Dirak.

Roman d’aventures, qui pourrait constituer une porte d’entrée en douceur dans l’univers de Michel Jeury, Le Sablier vert déploie certains des thèmes clefs de son auteur : dans ce tableau d’une civilisation industrielle ayant connu une crise (écologique ?) majeure, et dont les surgeons survivants ont choisi deux directions antagonistes, on retrouve en effet l’idée (très rosnyenne, au demeurant) d’une harmonie à reconstituer, entre rejet de la technologie mais qui s’accompagne d’une urgence de la survie et d’un dynamisme vital, et niveau de vie plus confortable et uniforme, générant toutefois une certaine langueur. Derrière le sablier vert, on retrouve également le principe du voyage dans le temps, via un ordinateur tout puissant, et celui de la Perte en Ruaba, à travers la plage paradisiaque de l’avenir qui nous est décrite à la fin du roman. Et quelles belles idées que ce livre de maximes d’un sage réputé, dont les pages sont entièrement blanches, libres pour la réflexion de chacun, ou que cet autre qui contient plusieurs textes distincts, en un palimpseste alternatif…

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?