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Inferno

samedi 26 septembre 2015, par Maestro

Fred (1915-2001) & Geoffrey (1941-) HOYLE

Grande-Bretagne, 1973

Denoël, coll. "Présence du futur", 1976, 192 p.

Fred Hoyle est un scientifique et écrivain réputé, connu en particulier dans sa discipline -l’astronomie- pour s’être opposé à la théorie du Big Bang, dont il a ironiquement forgé l’expression, et pour avoir défendu l’hypothèse de la panspermie dans l’apparition de la vie sur Terre. En tant que romancier, il a marqué la science-fiction avec quelques livres d’importance, dont Le Nuage noir est certainement le plus emblématique. A compter des années 1960, il rédigea pas moins de cinq romans avec son fils, Geoffrey.

Inferno, point médian de cette collaboration, est un livre à la structure curieuse, voire carrément hybride et bancale. La première moitié du roman suit en effet, de manière très détaillée dans ses déplacements, le physicien Cameron, ponte de sa discipline, que le gouvernement britannique a sollicité afin de jouer un rôle d’arbitre dans un projet de radio-téléscope associant Australie et Royaume-Uni. La place importante du propos hard-scientifique s’accompagne également de schémas et de diverses équations mathématiques. Indéniablement, Fred Hoyle place là une bonne dose d’autobiographie, critique sur les politiciens ou les scientifiques introduits dans les hautes sphères, autocritique également sur lui-même. Cameron, écossais jusqu’à la moelle, songe surtout à sa prochaine retraite, qu’il compte bien passer sur la terre de ses ancêtres, où il possède une propriété.

L’impossible submersion de traits propres à son pays, au sens premier du terme, fait d’ailleurs le lien avec la seconde moitié du roman, en même temps qu’elle révèle chez les auteurs une forme de retour à la terre. En Australie, en effet, Cameron et les astronomes locaux découvrent qu’un quasar vient d’exploser en plein cœur de la galaxie, faisant courir le risque d’une extinction totale de la vie sur Terre. Dès lors, Cameron se réfugie en Ecosse, afin de faire face, avec son épouse, à la catastrophe annoncée. L’intérêt d’Inferno devient alors plus conséquent, car il nous permet d’assister au bouleversement de la planète à travers le sort d’un petit morceau de terre. Pendant que le reste de la planète cuit littéralement, Cameron s’efforce de préparer l’après, plusieurs de ses voisins se tournant même vers lui pour en faire leur leader, retrouvant par là des attitudes féodales.

Dans ce tableau d’un monde post-apocalyptique, Fred et Geoffrey Hoyle ne mettent pas en scène une violence débridée et généralisée, montrant au contraire l’usage réel mais mesuré qu’en fait Cameron, afin de générer un ordre constructif, contrairement à certaines individualités ayant versé dans le parasitisme ou la folie. La révélation finale, celle d’une intelligence extra-terrestre ayant contribué à éviter la disparition de toute vie humaine, si elle renoue avec une thématique typique d’Arthur C. Clarke, demeure en grande partie frustrante.

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