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Le Seigneur de la tour (Blood Song, 2)

samedi 3 octobre 2015, par von Bek

Anthony RYAN (1970-)

Grande-Bretagne, 2014, Tower Lord

Bragelonne, 2015, 648 p.

Il n’est pas toujours facile de reprendre la lecture d’un cycle interrompu dans l’attente du nouvel opus. C’est particulièrement vrai pour la fantasy qui nécessite souvent de renouer avec tout un monde en plus de devoir se remémorer (si on y arrive...) qui a fait quoi. Blood Song n’échappe pas à ce problème.

Car si je me souvenais globalement bien du héros, Vaelin Al Sorna, et de sa situation au terme de La Voix du sang, j’avais oublié jusqu’aux noms de ses compagnons de formation, de sa soeur, du roi et de bien d’autres. Tout comme je ne me souvenais plus de la querelle religieuse animant une certaine région du royaume. Le principe adopté par Anthony Ryan dans le premier tome et réutilisé ici encore, d’ouvrir chaque partie du récit par la narration d’un historien chronologiquement postérieur à ladite partie n’aide pas vraiment à renouer le contact, car Le Seigneur de la Tour débute par le siège d’une ville du Royaume unifié par les forces de l’Empire volarien, à peine évoqué dans La Voix du sang, pour autant qu’il m’en souvienne. On débarque donc en pleine guerre sans savoir d’où elle a commencé si ce n’est que ce n’était pas dans le tome précédent.

Qui plus est, alors que chaque chapitre de celui-ci était centré sur Vaelin, les chapitres du Seigneur tournent autour de quatre personnages : Vaelin, Frentis, son frère du 6e ordre dont je ne me souvenais plus qu’il avait été capturé et qui se retrouve réduit en esclavage aussi bien mental que physique par une Volarienne qui l’amène à faire des choses que la morale réprouve, la princesse Lyrna, envoyée pour négocier une paix avec les sauvages du Nord (une lecture plus avancée allait me rappeler que les peuples du Nord ne manquaient pas) et une petite nouvelle, Reva, orpheline d’un roi hérétique et révolté, chargée par un prêtre de venger son père tué par Vaelin. Au vu des chemins parcourus par les uns et les autres, on peut douter que la construction chronologique du récit respecte la rationalité. Toujours est-il qu’ils se croisent et qu’une guerre, ourdie de longue date, éclate et met le Royaume unifié à genoux devant alimenter l’oligarchie volarienne qui s’est associée à une entité mal identifiée mais déjà responsable des errements d’un frère de Vaelin dans La Voix du sang.

Que ce deuxième tome ne s’organise pas tout à fait de la même manière tend à soutenir l’idée que La Voix du sang avait été pensé pour pouvoir être une unité en cas d’insuccès, d’autant qu’il ne laissait absolument pas présager de la suite. Suite que je me souviens avoir hésité à acheter en anglais. Je ne répétais pas cette hésitation à la suite du Seigneur de la tour et j’ai sauté le pas, étant en train de lire Queen of Fire et ce pour trois raisons.

D’abord parce que quand vous aurez lu les dernières lignes du Seigneur, vous n’aurez pas envie de faire autrement et vous maudirez l’auteur de s’arrêter sur un tel suspens et l’éditeur français de ne pas avoir traduit la suite (mais ce n’est pas sa faute, elle n’a paru en anglais qu’en juillet 2015). Ensuite parce que vous aurez envie de savoir les tenants des machinations volariennes, preuve s’il en est qu’une fois rentré dans le récit, ce deuxième tome tient son lecteur en haleine. Enfin parce que vous n’aurez pas envie de retraverser les mêmes affres de votre mémoire défaillantes qu’au début de la lecture du Seigneur de la tour.

Sur ce je retourne à Queen of Fire.

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