Accueil > CINECSTASY > S > SPIDER-MAN HOMECOMING

SPIDER-MAN HOMECOMING

dimanche 25 mars 2018, par von Bek

Jon WATTS (1981-)

Etats-Unis, 2017

Tom Holland, Michael Keaton, Jacob Batalon, Robert Downey Jr, Laura Harrier, Jon Favreau, Marisa Tomei

Sony Pictures et Marvel étant parvenu à s’accorder, Spider-Man intègre le vaste projet cinématographique de la compagnie de Comics, et plutôt que de relier The Amazing Spider-Man, il est choisi d’effacer tout et de recommencer... encore une fois. Après Tobey Maguire et Andrew Garfield, Tom Holland devient le troisième Spider-Man du cinéma moderne et tant pis qui seraient frustrés par l’absence de conclusion aux intrigues soulevées par les deux films Amazing Spider-Man.

Seulement, on peut pas "rebooter" à des intervalles aussi rapprochés (douze ans séparent le film de Sam Raimi de celui-ci, sans changer la donne. Le nouveau Spider-Man fait son entrée dans Captain America Civil War, recruté par Tony Stark pour arrêter Captain America et ses alliés. Il s’illustre dans un mémorable combat à l’aéroport de Berlin... qu’il filme en go-pro d’ailleurs. Cette séquence apparaît dans Spider-Man Homecoming. Aussi habile que puisse sembler cette intégration, elle n’en a pas moins deux conséquences : d’une part elle fait l’économie d’une troisième genèse des pouvoirs de Peter Parker ; d’autre part elle fait de l’araignée une création de Tony Stark qui lui procure un costume high tech avec intelligence artificielle intégrée à l’instar de l’armure d’Iron Man et les fameux lance-toiles.

L’entourage familial de Peter Parker change aussi. Si Peter vit bien avec sa tante May, il n’est fait aucune allusion à un oncle Ben et tante May, incarnée par Marisa Tomei, a plus de chance de faire avoir une crise cardiaque que d’en avoir une. Par ailleurs, Peter Parker n’est pas seul. Elève dans une école de surdoués, il participe à un tournoi de culture générale au sein d’une équipe dont font partie son ami Ned Leeds et la jolie Liz Allen. Ce nouveau Spider-man échappe donc aux traumatismes psychologiques causés par la mort d’un oncle ou ceux de ses parents comme c’était le cas dans les deux premières séries de films.

En l’absence de tragédie grecque, il faut se rabattre sur la comédie. L’accent est clairement mis sur l’humour. Si Parker n’est pas vraiment un marginal, ce n’est pas non plus le gars le plus charismatique de l’école. C’est un geek qui se réjouit de monter avec son copain Ned la version légo de l’étoile de la mort. Cet acolyte, résolument campé dans une perspective comique, évite ainsi le sempiternel noir dans le rôle de comique. La flamme de Peter pour Lize Allen a bien évidemment quelque chose de maladroit, mais aussi de superficielle : pas de Love Story profonde pour ce Spider-Man. Ses efforts pour jouer au super-héros, en violation des ordres de Tony Stark qui le considère comme un gamin et en a confié la surveillance à Happy Hogan (Jon Favreau), ont au début quelque chose de pathétique et donc de comique... jusqu’à ce qu’il tombe sur des casseurs de banque équipés d’armes aussi puissantes qu’insolites.

Si Spider-Man et The Amazing Spider-Man ont déjà largement puisé dans le stock des super-vilains [1]. La réutilisation du Bouffon vert dans les films de Marc Webb rendait répétitive une nouvelle apparition. Heureusement, l’Araignée a su se faire de nombreuses inimitiés, parmi lesquelles figure le Vautour qui n’avait eu les honneurs que d’un clin d’oeil dans The Amazing Spider-Man : le destin d’un héros. Joué par Michael Keaton, très à l’aise dans le rôle, le personnage d’Adrian Toomes est au départ un entrepreneur qui, au lendemain de l’affrontement entre les Avengers et les Chitauris (cf. Avengers, a décroché un gros contrat pour nettoyer les dégâts. Le retrait du contrat lui laisse un goût amer et Toomes utilise des armes extra-terrestres discrètement détournées pour monter un trafic et se fabriquer un équipement de vol. Huit ans plus tard, son business a prospéré, mais arrive Spider-Man. On remarque au passage que la genèse du Vautour sert aussi à relier le film au projet Marvel.

Des choix importants ont donc été opérés, en rupture complète avec l’esprit des films de Sam Raimi et Marc Webb, et qui donc lui permettent de s’en démarquer. Si on ne peut être qu’impressionné par la qualité constante des effets spéciaux et les scènes d’action - mais on n’en attendait pas moins -, force est aussi de constater que Spider-Man Homecoming ne parvient pas à susciter autant d’émotion que ses deux prédécesseurs.


[1Citons en vrac Le Bouffon vert, utilisé deux fois, Doc Octopus, Venom, le Lézard, Electro et Rhino.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?