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A LA POURSUITE DE DEMAIN

samedi 12 décembre 2015, par Maestro

Brad BIRD (1957-)

Etats-Unis, 2015, Tomorrowland

Avec George Clooney, Brittany Robertson, Hugh Laurie, Raffey Cassidy.

On connaît le goût de la firme Walt Disney pour l’anticipation et l’imaginaire du futur. Le fondateur lui-même s’intéressa énormément à ces sujets autour de l’urbanisme, la concrétisation de ces projets n’étant autre que le parc EPCOT en Floride, tandis que certains des meilleurs films Disney portaient justement sur une plongée dans le progrès technologique (songeons surtout à l’inoubliable Tron en 1982). A la poursuite de demain s’inscrit dans cette filiation, véritable long-métrage rétro-futuriste. Le casting est plutôt soigné, réunissant Monsieur Nespresso et Docteur House, ainsi que la jeune Brittany Robertson, révélée en particulier dans la série télévisée Under The Dome.

Tout débute par des flash backs. D’abord celui de Frank (George Clooney), qui évoque son enfance et sa visite de l’exposition universelle tenue à New York en 1964 (à laquelle participa d’ailleurs l’entreprise Disney) : voulant concourir à une compétition d’inventeurs, il est repéré par Athéna (Raffey Cassidy), la fille du sélectionneur (Hugh Laurie), qui lui confie un passe l’amenant dans un autre monde ; un monde futuriste, fait de constructions hallucinantes et de robots très avancés. L’autre retour en arrière concerne Casey (Brittany Robertson), née à la toute fin du XXe siècle, et qui cherche à enrayer le démantèlement des installations de la NASA à Cap Canaveral. Fatiguée par l’atmosphère anxiogène et pessimiste de ce XXIe siècle, elle bascule par le biais d’un pin’s secrètement transmis par Athéna dans un avenir parallèle radieux, où la technologie est encore plus avancée que pour nous, et où les voyages spatiaux sont une simple formalité. Grâce à Athéna, les deux personnages vont se rencontrer, sans que le choc des générations ne soit d’ailleurs très approfondi, et partir ensemble pour cet autre monde… Dans le même temps où le nôtre marche vers sa fin, conjugaison de toutes les apocalypses possibles, nucléaire, climatique, etc…

Il y a, dans A la poursuite de demain, une forme d’idéalisme, et même de candeur, quant à la perception des gentils scientifiques dont les idées sont perverties par l’irruption mortifère de la politique. Ici, c’est l’association de Eiffel, Verne, Edison et Tesla (un moyen de réconcilier ancien et nouveau monde, en dépit du fait que le « merveilleux scientifique » français était bien plus critique à l’égard de la science que son équivalent d’outre atlantique) qui est à l’origine d’un monde meilleur. Cette dimension demeure en outre profondément superficielle, le film prenant surtout plaisir à exposer de plaisants artéfacts, comme dans Hugo Cabret (très belle idée au passage de cette Tour Eiffel conçue comme une véritable rampe de décollage), et à aligner des scènes d’action, Frank et Casey étant poursuivis par des robots. De plus, on n’échappe malheureusement pas à certaines incohérences dans le scénario : comment en effet imaginer que Casey, si ouverte quand il s’agit d’utopie scientifique, se braque contre une androïde lui ayant sauvé la vie au point de vouloir la fuir ? Quant à Nix, comment s’est-il retrouvé dirigeant apparemment absolu d’un monde parallèle où les seuls habitants, à part lui, sont ses gardes ? Où étaient donc passés tous ceux que l’on voyait dans la première apparition de cet éden rétro-futuriste ?

En fait, au-delà d’une plongée nostalgique dans un passé qui faisait encore pleinement confiance au futur, innocent des dangers portés par la technoscience (l’utilisation de cet artéfact symbolique qu’est le jet-pack est hautement significative), A la poursuite de demain cherche à redonner confiance dans les capacités des Etats-Unis, à exalter la volonté individuelle, seule responsable de la marche vers le néant, et à leur ouvrir de nouveau la porte des étoiles et du futur… techno-industriel. Ce faisant, il participe d’une veine similaire à Interstellar en amont et Seul sur Mars en aval. Une partie de la mythologie nationale est alors convoquée, et ce n’est sans doute pas un hasard si Casey découvre le futur alternatif dans un paysage évoquant le Kansas du Magicien d’Oz, ou si le propriétaire de la boutique d’objets de science-fiction s’appelle Hugo Gernsback (sic). Bref, visuellement sympathique, A la poursuite de demain est une ode à l’optimisme technologique puissamment légère.

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