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SPACE TIME : L’ULTIME ODYSSEE

Love is in the space

samedi 30 janvier 2016, par Maestro

William EUBANK (1982-)

Etats-Unis, 2011, Love

Gunner Wright, Bradley Horne, Corey Richardson, Nancy, Stelmaszczyk.

Odyssée, qui a visiblement connu plusieurs traductions diverses alors que son titre originel était d’une simplicité totale, fait partie de ces films de science-fiction à budget réduit, mais qui marque le spectateur, tel Europa Report ou Moon. Toutefois, contrairement à ces derniers, il s’avère plus proche d’un Oblivion ou d’un Interstellar, à ceci près que là où ce dernier était sans doute trop explicite, Love verse pour sa part excessivement dans l’implicite.

Tout débute en 1864, en pleine guerre de sécession, alors qu’un réduit nordiste est sur le point de succomber à un assaut massif des sudistes. Le général qui commande ce détachement décide de confier à l’un de ses hommes, Lee, une étrange mission : survivre à ses compagnons d’arme et se rendre là où un objet singulier a été découvert, comme une façon de témoigner. Cette ouverture se clôt par la très belle mise en parallèle des images de l’ultime baroud d’honneur des nordistes et des paysages naturels traversés par Lee. On bascule alors dans le proche avenir, à la fin des années 2030, derrière un alter-égo du Lee précédent, seul astronaute à bord de la Station Spatiale Internationale. Rapidement, des problèmes de communication avec la Terre font de lui un isolé complet, sans que l’on sache bien quelles sont les raisons de cette déconnexion (probablement une guerre généralisée). Lee s’efforce malgré tout de survivre, de suivre les procédures, mais il perd peu à peu les pédales, s’inventant des vies ailleurs, dialoguant avec des voix féminines ou flirtant avec une forme de folie. Et puis un jour, il découvre, au cours d’une réparation technique, le journal du premier Lee… Cette vie relativement morne, voire ennuyeuse, à bord de l’ISS est ponctuée de témoignages filmés d’anonymes, évoquant la nécessité de relations humaines et amoureuses.

Odyssée est clairement un film à volontarisme esthétique, planant voire psychédélique dans son esprit, et à plusieurs reprises, les images font mouche et s’impriment dans l’esprit du spectateur, que ce soit celles du début, à la Terence Malik, de ces transferts entre les croquis du Lee spatial et les vies du Lee terrestre, ou cette vue de Lee en combinaison d’astronaute, attendant sous un abri-bus… Pour autant, la dimension onirique et cérébrale que le film veut véhiculer semble à bien des moments par trop forcée, posant d’ailleurs davantage de questions qu’apportant de réponses : qu’est-ce que le premier Lee a découvert ? Quel est le sens de la vie ? Comment survivre intact à l’adversité ? La dernière partie du film, qui se rapproche furieusement de 2001, l’odyssée de l’espace (la visite d’un bâtiment à l’architecture classique, la projection dans l’univers), ouvre quelques pistes d’interprétation, sans pour autant les clarifier véritablement. Peut-être, à travers la récupération par une entité extra-terrestre des souvenirs de tous les humains, est-ce l’éloge du contact, de l’échange, la proximité entre tous les êtres vivants, par-delà les éons et les parsecs, que le réalisateur a voulu peindre… Peut-être.

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