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Pacifica 2

samedi 19 mars 2016, par Maestro

Jean-Marc & Randy LOFFICIER, dir

France, 2015

Black Coat Press, coll. "Rivière Blanche", 312 p.

Pacifica, premier du nom, proposait une sélection aussi diversifiée qu’agréable de fictions écrites par le couple Jean-Marc et Randy Lofficier, le premier étant le grand patron (sic) de Black Coat Press. Ce deuxième tome reprend la même formule, mais d’emblée, un regret peut être manifesté : la présence limitée d’inédits, et la reprise de plusieurs nouvelles ayant déjà été publiées au sein d’autres anthologies de l’éditeur, Les Compagnons de l’ombre en particulier. Il n’empêche, certaines sont tellement jouissives que l’on a plaisir à les redécouvrir.

« Le serpent de mer » vaut ainsi par son humour classique mais terriblement efficace, « L’affaire du collier revisitée » convoque une galerie de personnages originale (The Avenger, Judex et la Main Rouge de Gustave Le Rouge), « La Cagliostro se meurt » se glisse dans les interstices de l’œuvre de Maurice Leblanc pour le plus grand plaisir des amateurs. Quant aux deux récits mettant le Docteur Oméga (alias Docteur Who) en scène, ils sont particulièrement gouleyants : «  Les trois docteurs  » joue du comique de répétition avec beaucoup de malice, tandis que « Le Docteur Oméga et les producteurs » traite de l’esprit tordu régnant dans les coulisses d’Hollywood. «  J.C. en Alphaville » est assez ambitieux dans son propos, mêlant plusieurs méchants de la culture populaire, le Jerry Cornelius de Michael Moorcock et l’Alphaville de Godard. « Le noël de l’Aiglon » est une intervention de Manse Everard, le célèbre agent de la Patrouille du temps de Poul Anderson, chargé de protéger le déroulement historique autour du sort méconnu du fils de Napoléon Bonaparte. Enfin, j’ai un attachement particulier pour « Les Ides de Mars », aventure du Nyctalope qui pourrait servir de conclusion à son histoire, tant le dénouement de ce récit se révèle touchant.

Les textes véritablement nouveaux méritent en tout cas le détour. « Manon des sorts » est un scénario de la série télévisée Alf, qui fit les délices des téléspectateurs nés dans les années 1970, dans lequel on retrouve le sens de la réplique propre à cet extra-terrestre à poils. « Le sang d’un poète » rend pour sa part hommage au Hellraiser de Clive Barker. Deux histoires de la série de dessins animés inspirée du film SOS Fantômes, pour laquelle les Lofficier officièrent (sic), sont également proposées : on y retrouve l’esprit de ce grand succès des années 1980, à travers une aventure localisée à Paris (faisant de Gustave Eiffel le précurseur des chasseurs de spectres) et une autre à New York, à travers une variante de la légende de Sleepy Hollow. Les trois derniers textes de Pacifica 2 sont plus originaux. Il y a d’abord un synopsis, celui de «  L’orphelinat », un projet signé par le couple Lofficier et Michel Jeury dans la première moitié des années 1980, une histoire assez ambitieuse de conspiration extra-terrestre, qui précède de manière étonnante la vogue des X Files dans la décennie suivante.

Il y a ensuite deux textes placés judicieusement en miroir : « La Ligue des héros en France », évocation détaillée de l’édition imaginaire du cycle conçu par Xavier Mauméjean, et une préface à une réédition en version originale d’une aventure du Saint, dans laquelle Jean-Marc Lofficier explique comment est née sa vocation de créateur de mondes. Varié, cet ensemble est souvent intéressant, mais légèrement frustrant pour l’afficionado de Rivière blanche : souhaitons que Pacifica 3 propose davantage d’inédits !


Pour commander Pacifica 2 suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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