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Dimension sexe

samedi 2 avril 2016, par Maestro

Thomas RIQUET

France, 2016

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", série Fusée, 616 p.

Dimension Sexe part d’emblée avec un atout majeur : son titre ! L’objectif de cette anthologie est en réalité de marier l’imaginaire avec le sexe, sous différentes formes. Magali Couzigou, dans « Chatons à vendre », décline un récit sympathique, celui d’une chatte capable de prendre forme humaine, et qui entretient de la sorte une relation d’amour-haine avec son maître. « Pour toujours, deux sans moi », d’Elodie Meste, est plus profond, de par sa dimension tragique : ou comment deux sœurs jumelles font tout pour retrouver leur frère triplé brutalement disparu, à l’aide de la sorcellerie, sans parvenir à rééquilibrer une relation finalement inégale…

« Palingénésie  », de Guillaume Lemaître, privilégie pour sa part la dimension la plus pornographique, avec un texte qui aurait pratiquement pu figurer dans Dimension Trash. Ceci étant, son histoire de sorcières modernes est efficace, permettant de réactualiser un sujet finalement assez classique, celui de l’invocation d’un démon et de la recherche de pouvoirs surhumains. Poursuivant cette ligne assez crue et directe, deux nouvelles osent la sodomie et même la zoophilie : «  L’appel », de Pénélope Labruyère, à travers la quête d’un centaure afin de s’assurer une descendance, et «  Belle, allons voir si la Rose… », de Steve Di Giorgio, en livrant une version X de la légende de la belle et la bête ; c’est d’ailleurs ce dernier qui est à la fois le plus explicite et le plus marquant.

Dimension Sexe, c’est aussi de la science-fiction charnelle. Jean-Pierre Andrevon, que l’on sait très à l’aise avec les plaisirs hédonistes, se livre dans «  Quel bordel ! » à une véritable partouze inter-espèces, une forme d’apothéose tirant son origine de la biologie singulière d’une exo-planète. Autre auteur réputé, Fabien Clavel, dont « L’œuvre de chair  » se distingue par son propos original. Il évoque en effet un culte particulier, pour lequel les sectateurs sont contraints de passer leur vie à satisfaire les appétits sexuels de leur divinité ; par une prose posée et sans voyeurisme, Fabien Clavel nous fait réfléchir à l’éloge aveugle du sexe ayant cours dans nos sociétés marchandes…

« Les coucous », de Chris Duparc, traite d’une problématique somme toute simple -la pacification des relations entre espèces cosmiques à travers la sexualité- par le biais d’une intrigue un rien trop alambiquée. « La nuit éternelle », de Christian Vila, se déroule dans un univers auquel un roman chez ActuSF sera bientôt consacré : Interzone, un astroport situé en Afrique, porte d’entrée légale de toutes sortes d’extra-terrestres. C’est un texte plein de démesure, de descriptions délirantes, d’aliens dealers ou d’énergie sexuelle comme vecteur de transgression de la vitesse lumière.

Plus discutable, « Les voiles de Déméter », signé Feldrik Rivat, est une déclinaison de l’ensemencement d’une planète via l’acte d’amour physique, mais avec une chute plus ambigüe. De même, «  Esclave », de Pénélope Labruyère, qui ouvre le recueil, déçoit, dans la mesure où il ne s’agit finalement que de l’évocation d’une relation masochiste tout ce qu’il y a de plus classique, plus proche de Cinquante nuances de Grey que du fantastique. Tous ces textes sont séparés par les micro-nouvelles de Jacques Fuentealba, essentiellement des jeux sur les mots autour du sexe et de ses doubles… sens.


Pour commander Dimension sexe suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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