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La longue utopie

samedi 14 mai 2016, par Maestro

Stephen BAXTER (1957-) & Terry PRATCHETT (1948-2015)

Grande-Bretagne, 2015, The Long Utopia

L’Atalante, 2016, 416 p.

La Longue Utopie est l’avant-dernier volet du cycle de la Longue Terre, avant sa conclusion non encore traduite, The Long Cosmos. Et plus peut-être que pour les précédents, on y retrouve des visions vertigineuses et une tendance à étirer le propos à l’excès. Josué est toujours un personnage central de l’intrigue, mais davantage de manière indirecte. Un de ses amis s’efforce en effet d’élucider ses origines familiales, lui qui fut abandonné par son père. Cela nous vaut toute une série de chapitres sur les passeurs du XIXe siècle, nommés les valseurs. Parmi eux, l’aïeul de Josué Valienté, Luis, membre des Chevaliers de l’Ubiquité, confrérie au service de sa majesté britannique contre ses opposants (les chartistes sont directement évoqués), avant de faire par la force des choses cavalier seul. C’est dans ce passé que se niche l’origine des Suivants, ce fameux rameau supérieur de l’humanité découvert dans les tomes précédents.

De leur côté, Lobsang, brièvement mort, et Agnes, devenue une intelligence artificielle, décident de fonder une famille. Adoptant un jeune garçon, Ben, ils tentent de vivre une vie de pionnier sur une des Terres parallèles. La découverte par des jeunes locaux d’une forme de vie extra-terrestre ouvre sur une perspective encore plus sidérante que dans La Longue Mars : non seulement la Terre et les autres planètes disposent de répliques à l’infini, mais ces colliers de planètes sont susceptibles de se croiser, ouvrant la porte à des rencontres plus ou moins dangereuses. C’est ce qui fait de La Longue Utopie le roman sans doute le plus proche des problématiques explorées par Stephen Baxter dans Les Vaisseaux du temps (le roman La Machine à explorer le temps est directement utilisé dans le corps du récit, et Dyson est évoqué par le principe de sa machine, la transformation d’une planète en un moteur accélérateur) ou son cycle des Univers multiples. Avec en prime un soupçon d’Alastair Reynolds, de par la nature des mystérieux scarabées d’argent et de leur expansion continue.

Pour préserver l’existence des humains « normaux » et des Suivants, l’unique solution sera tragique pour certains des personnages clef du roman, voire du cycle… Etendant le sujet dans le temps et dans l’espace, Terry Pratchett et Stephen Baxter repoussent donc les limites de leur cycle, en laissant inexplorés certains thèmes (quand les valseurs ont-ils commencé à exister, et pourquoi ? quelle est la nature ultime de ce multivers ?), mais en donnant l’impression de tirer quelque peu à la ligne, et sans parvenir toujours à donner de la chair et de l’émotion à leurs personnages. En filigrane, l’utopie qui se précise semble bien être celle d’un retour à une vie plus harmonieuse avec la nature, voire pré industrielle, ou tout au moins une industrialisation sage et maîtrisée, qui sache réfréner ses pulsions ambitieuses, aux antipodes du modèle actuel, clairement condamné par la marginalisation de la Prime Terre.

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