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L’Ombre du dragon (Renégat, 3)

dimanche 24 juillet 2016, par von Bek

Miles CAMERON (pseudonyme de Christian CAMERON) (1962-)

Canada, 2015, The Dread Wyrm

Bragelonne, 2016, 648 p.

Après les événements de La Lame noire, la situation du royaume d’Alba est devenue très délicate. Tombé sous la coupe des Galliens, le roi accepte de faire juger son épouse pour adultère et sorcellerie par un duel judiciaire prélude à un grand tournois. Les tensions montent à Harndon, la capitale, entre la population et les Galliens qui se comportent comme en terre conquise. Dans le Nord, Thorn achève de rassembler ses forces sous le contrôle de plus en plus apparent mais subi d’une entité très puissante.

Après un démarrage plutôt longuet, ce troisième tome devient franchement épique et tourne même à la boucherie signe d’une volonté de réalisme. Ce qui distinguait déjà la série des biens des autres de Fantasy - à savoir le soin particulier apporté à la description des tenues et des armes et le recours à un vocabulaire précis - reste très présent, manifestation du goût de l’auteur pour la reconstitution grandeur nature, avec une mention particulière, vu le grand nombre de duels et de batailles, pour les attaques et parades. Encore plus que dans La Lame noire, la stratégie et la logistique sont elles aussi présentes et précises, ce qui constitue une autre particularité de la série résultant peut-être du passé professionnel de l’auteur.

Celui-ci a aussi pris soin de ne pas faire de ses personnages des stéréotypes, les soumettant au doute, au désir ou à l’échec. Ainsi le héros est loin d’être le meilleur guerrier et ses plans, comme tous les plans, survivent rarement au premier choc, quand il ne commet pas des erreurs. Miles Cameron a par ailleurs abandonné toutes mesures pour faire régner le flou quant au lien éventuel entre le monde de son roman et notre monde : le christianisme est explicitement cité, de même qu’Aristote. Pourtant cela reste un mélange de références dont la plupart renvoient au moyen âge européen mais auxquelles ont été ajoutés des emprunts au monde amérindien d’Amérique du Nord. L’auteur a-t-il commis un lapsus en renommant Wat Tyler le personnage baptisé Nat Tyler dans La Lame noire ? Le premier nom fait référence à un soldat anglais, chef de la Grande révolte de 1381 visant à abattre l’ordre social en place, et son homonyme du roman partage bien des idées avec lui.

A bien des égards, cet Ombre du dragon a toutes les allures d’une confrontation finale, conclusion d’une trilogie comme l’annonce la publicité de l’éditeur français à l’occasion de la parution en format poche du Chevalier rouge (cf en bas de cette chronique). Tout n’est pas clos cependant et Miles Cameron travaille à la suite, la couverture anglaise du quatrième tome - A Plague of Sword - étant déjà sortie, ce qui me permet de remarquer que je préfère largement les superbes couvertures de Bragelonne.


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