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UNDER THE SKIN

La plage

dimanche 11 septembre 2016, par von Bek

Jonathan GLAZER (1965-)

Grande-Bretagne, 2013

Scarlett Johansson, Jeremy McWilliams, Adam Pearson, Michael Moreland, Dave Acton

Une extraterrestre séduisante entreprend de kidnapper de jeunes mâles isolés en usant de son charme. Réduit à une simple phrase et sans vouloir lui faire injure, le synopsis du film de Jonathan Glazer ressemble quand même beaucoup à celui de La Mutante (Donaldson, 1999), mais la ressemblance s’arrête là, car si l’on peut dire que le réalisateur australien avait fait dans le racoleur, exposant le physique athlétique de Natasha Hentsridge dans quelques scènes affriolantes dont une aquatique, le réalisateur britannique exploite beaucoup plus sobrement le sex appeal de Scarlett Johansson.

Comportant peu de dialogues (très peu), faisant recours à des acteurs amateurs voire à des quidams (dont un avec un accent écossais à couper au couteau), usant de décors qui délaissent les quartiers historiques d’Edimbourg pour les banlieues, les friches industrielles, les taudis et la campagne écossaise laquelle livre quand même de somptueuses images en dépit de l’absence de soleil, Under the Skin est un film esthétique qui ne s’embarrasse absolument pas de la compréhension du spectateur qui se posera encore beaucoup de questions à la fin du film, surtout s’il l’a regardé sans se renseigner auparavant, peut-être uniquement parce que Scarlett Johannsson figurait au casting. Au moins aura-t-il la chance, s’il a tenu bon, de comprendre que l’actrice très à la mode tenait le rôle d’une extraterrestre. Quant aux raisons de ses actes, au mystérieux motard qui encadre l’opération et efface les traces (et dont des acolytes surgissent de nulle part dans les 15 dernières minutes), aucune explication n’est fournie. En était-il de même dans le roman de Michel Faber paru en 2000 ?

Certains s’extasieront devant l’esthétisation soporifique du film dans une veine réaliste, d’autres bailleront d’ennui, et pas seulement à cause de la forme, mais parce que le coup de l’humanisation de l’extraterrestre, au point qu’elle en vienne à fuir sa mission, manque cruellement d’originalité. Cependant, dans cette perspective, pour mieux souligner l’évolution que traverse le personnage, Under the Skin offre une des meilleures illustrations mises en scène de ce que pourrait être l’absence d’humanité à l’état pur avec les événements qui se passent sur la plage (je laisse les curieux découvrir).

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