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Jennifer morgue

dimanche 23 octobre 2016, par Maestro

Charles STROSS (1964-)

Royaume-Uni, 2006, The Jennifer Morgue

Le Bureau des atrocités, premier volet du cycle de la Laverie, du britannique Charles Stross, avait eu l’honneur d’être édité dans la collection « Ailleurs et demain ». Sa suite, Jennifer Morgue, fut publiée par les éditions du Cherche-Midi, probablement du fait de ventes décevantes. C’est d’autant plus étonnant que l’écrivain est depuis devenu une référence, auteur de livres aussi importants que Palimpsestes ou Accelerando. Quoi qu’il en soit, ce second épisode des aventures de Bob Howard, employé de cette branche des services secrets dévolue à la lutte contre toutes les manifestations hostiles en provenance d’univers voisins, reconduit les mêmes atouts et les mêmes limites que Le Bureau des atrocités, à ceci près qu’il s’agit cette fois d’une seule et unique intrigue.

L’un des principaux points forts du livre, c’est son humour. D’autant qu’il est ici intrinsèquement lié à une influence majeure, le mythe typiquement britannique de James Bond. Plusieurs éléments de l’intrigue autorisent ce rapprochement –le méchant en tenue à la Nehru, son chat ou son yacht / base secrète, les gadgets de Bob, le lieu de l’action, les Antilles néerlandaises–, et les allusions plus ou moins transparentes sont encore plus nombreuses, d’un film avec George Lazenby visionné par Bob à « l’espionne qui m’aimait », entre autres clins d’œil. Et dès le début du roman, imaginer Bob Howard, véritable James Bond du pauvre, au volant d’une Smart en lieu et place de la légendaire Aston Martin, ne peut que chatouiller les zygomatiques ! Ce second degré, qui se décline également dans des critiques contre Powerpoint ou Windows, est d’autant plus essentiel que l’intrigue en elle-même souffre d’un discours hard-science un peu aride, bien que ce soit là l’apport original de Stross au mythe lovecraftien : la magie est ici une forme avancée de science ou de technologie, et les Profonds (rebaptisés BLUE HADES –sic–) tout comme les Chtoniens (DEEP SEVEN) en sont des praticiens confirmés. Il est toutefois dommage que ces considérations sur la mythologie chtulhienne ne soient que trop rapidement survolées ; on appréciera cependant l’idée d’un violon inspiré d’Erich Zahn comme arme.

Tout tourne autour de l’épave d’un sous-marin nucléaire russe, riche en artefacts potentiellement explosifs, qu’un milliardaire souhaite récupérer, au mépris des accords passés entre l’humanité et Ceux des profondeurs sur le caractère intangible des abysses. Pour l’arrêter, et afin de déjouer les protections visant à se garder de tout agent trop bien entraîné, c’est le geek Bob Howard qui a été choisi. Il se retrouve en outre intriqué avec Ramona, une créature hybride dissimulée sous un glamour intense. Ensemble, ils vont se confronter au méchant, se retrouver bien sûr capturé par ses soins, avant de triompher en un final pyrotechnique. « Quelle scie ! Encore un nécromancien milliardaire qui vogue dans les Caraïbes dans son croiseur lance-missiles réaménagé et qui complote la domination totale du monde ! » (p. 333).

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