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Les Compagnons de l’ombre - 19

dimanche 18 décembre 2016, par Maestro

Jean-Marc LOFFICIER (sdd)

France, 2016

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", série Noire, 306 p.

Pour ce dix-neuvième volume des aventures inédites dédiées aux héros tous azimuts de l’imaginaire, le personnage du Sâr Dubnotal, grand psychagogue devant l’Eternel, est au cœur des quatre premières nouvelles. « Un combat de titans », deMatthew Dennion, est, de par sa brièveté, une simple mise en bouche, confrontant le cachalot de Moby Dick au maître de Rlyeh, une rencontre au sommet préparée par le Sâr Dubnotal associé pour l’occasion au capitaine Nemo. Le même confronte d’ailleurs deux autres figures de l’horreur contemporaine dans « Deux âmes en jeu », en les personnes de Mister Hyde et d’un des Cénobites de Clive Barker. « Les chiens de Saint-Augustin », de Travis Hiltz, est plus substantiel, Maigret et le Sâr y menant l’enquête autour de chiens à qui on a administré le fameux élixir du Griffin de Wells. Mais des quatre textes, le meilleur est sans conteste « Une petite devinette… », signé Matthew Baugh. Cette très belle enquête mêle avec brio frissons victoriens et guest-stars diverses, avec en vedette le méchant von Meyer, déjà présent dans le recueil L’Ombre de Judex (voir « Dans l’enfer des tranchées » et « Les gargouilles de Notre-Dame »).

«  Le révolutionnaire et le brigand  », de Jared Welch, a beau se dérouler dans un contexte riche et animé, celui de la Corse de 1790, il se révèle relativement poussif en plus de proposer une vision de Robespierre bien trop inspirée des légendes noires thermidoriennes. Thierry Bosch, qui fait son entrée dans la Rivière blanche avec « Le temps d’une valse à Norbury » (et pour un texte de Dimension Merveilleux scientifique 2), imagine la rencontre de Challenger et du Nyctalope, le temps d’un essai de voyage dans le temps ; trop bref, le récit vaut surtout par son parti pris d’une science-fiction réaliste et par le portrait toujours haut en couleurs qu’il dresse du colossal scientifique britannique. « Un soir d’été à Holy Cross », de Michel Stéphan, continuateur d’André Caroff, est une rencontre plus étonnante, celle de Bob Morane et de l’inspecteur Harry, autour d’une réminiscence d’Herbert West… Madame Atomos, justement fait une alliance somme toute assez logique avec le méchant emblématique d’Henri Vernes dans « Le péril jaune », signé Artikel Unbekannt. « Le noble monstre », de Christofer Nigro, est assurément une des meilleures contributions du volume : l’auteur y reprend le personnage de Félifax, déjà au sommaire de L’Ombre de Judex et des Compagnons de l’ombre 17, à la recherche de son frère de malheur, issu comme lui d’expériences scientifiques. Nulle surprise d’y retrouver également le diabolique professeur Tornada d’André Couvreur (celui d’Une Invasion de macrobes, entre autres, qui mériterait bien d’autres rééditions), autour d’une belle galerie de créatures !

«  La renaissance de l’Ombre », de Rick Lai, est pour sa part très long, convoquant une liste de personnages à donner le tournis, et relativement complexe pour ceux qui ne sont pas familiers de son principal protagoniste, un justicier anglo-saxon proche en partie de notre Judex national. Judex, justement, est au cœur de «  Pour une poignée de Judex », proposé par Nigel Malcolm. Une belle histoire qui prend place dans les années 1980, lorsque le patron d’une agence de sécurité n’hésite pas à utiliser la notoriété du célèbre justicier dans son intérêt personnel ; pour lui faire face, le héros de la série télévisée britannique Bergerac. Mais la nouvelle la plus ambitieuse de toutes est sans nul doute « Les enfants de César (un conte de la Pluritopie) », que l’on doit à l’érudit Christopher Paul Carey. Il met en effet en scène, dans un univers parallèle au nôtre, des utopies que l’on ne connaît que par des écrits plus ou moins déformés, ceux de Rabelais, Bellamy ou des plus méconnus Ignatius Donnelly et Charles Fieux de Mouhy, parmi bien d’autres auteurs. Texte exigeant, mais déployant un univers d’une telle fertilité qu’il appelle des suites !


Pour commander Les Compagnons de l’ombre n°19 suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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