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Que celui qui peut comprendre, comprenne (Radu Dracula, 6)

dimanche 2 avril 2017, par Maestro

Philippe LEMAIRE

France, 2016

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", série Noire, 192 p.

Dans l’épisode précédent, Je ne te renierai pas, les événements s’étaient accélérés, avec la disparition de Torquemada, l’un des grands adversaires du prince des vampires. Disparition ayant d’ailleurs connu une forme de parallélisme dans l’exécution de Mina Harker par le représentant de la lignée christique, protégé par Judas en personne.

Que celui qui peut comprendre, comprenne, accentue une tendance déjà sensible dans le tome antérieur, puisque les flash backs disparaissent ici totalement. Et c’est finalement assez logique, car ce sixième volet étant aussi le dernier de la série, il se concentre sur le présent, et l’ultime confrontation qui y prend place, localisée, comme dans le roman séminal de Bram Stoker, au cœur du château de Dracula. Maria, la fille de Radu Dracula, décide de s’allier à Judas et à Jason afin de mettre définitivement fin aux agissements de son père. Parallèlement, Gary, l’ancien serviteur de Mina Harker, ne cherche qu’une chose : accéder à la non vie, en sollicitant Radu Dracula dans son antre roumaine.

Une bonne partie du roman narre donc les pérégrinations de Gary et du trio, en route vers les Carpates. Outre les relations entre les personnages, et les doutes de Jason à l’égard de Maria, le plus intéressant réside à cet égard dans les dialogues entre Judas et Jésus, qui lui apparaît à plusieurs reprises. La nature cosmologique de l’affrontement entre Jason, Judas, Maria et Radu Dracula prend ainsi toute sa dimension. L’arrivée en Roumanie marque une forme de crescendo, fort bien mené, la tension ne cessant de monter au fil des rencontres souvent musclées, évocatrices de certains des épisodes précédents, et débouchant sur le combat final.

Très cinématographique, ce dernier est dramatique à souhait, et si d’aucuns pourraient regretter qu’il ne soit trop court, il répond finalement à une certaine logique, au vu des capacités surhumaines et de la vitesse dont fait preuve le maître vampirique. Philippe Lemaire se permet même, dans un des tout derniers chapitres, une mise en abyme appréciable, offrant une vision nuancée et complexe de son personnage principal, tout en privilégiant une fin ouverte, comme dans tout bon film de la Hammer.

Cette série de romans achevée, la perspective qui se dessine, selon l’auteur lui-même, est celle d’un unique ouvrage rassemblant les six volets : assurément une excellente idée, donnant peut-être l’occasion d’ajouter quelques chapitres inédits (j’avoue avoir un faible pour les flashbacks historiques, comme lorsque Radu se rend dans les Amériques) et, pourquoi pas, une postface dévoilant les coulisses de cette création littéraire !


Pour commander Que celui qui peut comprendre, comprenne suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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