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SYNCHRONICITY

dimanche 23 avril 2017, par Maestro

Jacob GENTRY (1977-)

Etats-Unis, 2015

Avec Chad McKnight, A.J. Bowen, Brianne Davis, Scott Poythress, Michael Ironside.

Synchronicity est un film à petit budget, non dépourvu d’ambition, mais dont le résultat à l’écran est surtout décevant. Tout commence par une expérience menée sous la houlette de Jim Beale, un scientifique génial, épaulé par ses deux amis : Chuck le raisonnable, et Matt le légèrement dérangé. Ensemble, ils cherchent à ouvrir un trou de ver, en usant pour ce faire d’un matériau radioactif. Mais lorsque leur seul investisseur, qui se trouve être également leur unique fournisseur de la dite matière, vient assister au fonctionnement de leur machinerie, il en conclut à un échec et les abandonne. Pourtant, Jim a sombré dans l’inconscience, et un dahlia, qui n’était pas là auparavant, est retrouvé sur place. Qui plus est, en sortant de son laboratoire, Jim tombe sur Abby, une jeune femme au charme irrésistible : mais le plus incongru réside dans le fait que celle-ci accepte d’accompagner Jim à un dîner avec son investisseur, qui est aussi accessoirement le client (sexuel) d’Abby, afin de négocier un supplément financier… Jim découvre finalement que le dahlia provient de chez Abby, et c’est par dépit amoureux qu’il décide de franchir le trou de ver le jour de la nouvelle expérience en présence de l’investisseur et d’Abby. Il se retrouve dès lors dédoublé, dans son propre passé, qui le rejette peu à peu…

Synchronicity souffre de plusieurs défauts, qui en se cumulant en font un film médiocre. Il y a d’abord une influence visuelle et sonore trop marquée par Blade Runner et, dans une moindre mesure, par Bienvenu à Gattaca (l’architecture). Par ailleurs, le choix fait de ne centrer l’action que dans un périmètre bien délimité conduit à totalement ignorer le cadre géographique ou temporel. Surtout, les acteurs ou leurs doubleurs jouent mal, et bien des rebondissements proposés tombent à plat, sans parler de complètes incohérences (comment Jim, scientifique ayant censément la tête sur les épaules, peut-il se jeter aussi facilement dans le rôle de cobaye ?). Rares sont les répliques à demeurer en mémoire ; j’en citerai seulement une : « le voyage dans le temps a fait de lui un vrai connard » (Chuck parlant de Jim). Faussement complexe, le scénario joue avec la répétition temporelle des mêmes événements, sous des angles différents, avec de jolies images censées symboliser le trou de ver et ses effets sur le cerveau de Jim (elles évoquent la DMLA ou des étoiles observées de très près), jusqu’à ce que le spectateur comprenne la véritable nature des choses (ATTENTION REVELATION) : Jim n’a pas fait un saut dans son propre passé, mais dans un univers parallèle. Il y a donc ici tentative de concrétiser la théorie scientifique actuellement dominante du multivers, mais à échelle humaine, celle d’une histoire d’amour que Jim espère probablement dans le dénouement du film refaire partir sur de bonnes bases. A côté d’un chef d’œuvre comme Predestination, qui faisait lui aussi le pari d’une relative modération budgétaire face aux machines de guerre hollywoodiennes, Synchronicity fait hélas piètre figure…

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