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ROGUE ONE : A STAR WARS STORY

L’Armée des ombres

dimanche 14 mai 2017, par von Bek

Gareth EDWARDS (1975-)

Etats-Unis, 2016

Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Jian Wen, Forest Whitaker, Mads Mikkelsen

Il est bien connu qu’au début de l’Episode IV, lorsque Darth Vader fait intercepter la corvette qui transporte la princesse Léia Organa, c’est dans le but de récupérer les plans de l’Etoile de la mort, la nouvelle et encore secrète station spatiale de l’Empire. Ce que ne dit pas le fameux texte déroulant qui ouvre cet opus légendaire, c’est comment la Rébellion contre l’Empire a mis la main sur ces plans. C’est à cette question que répond Rogue One, premier volet d’une quatrième trilogie baptisée A Star War Story.

Quinze ans auparavant, l’Empire est venu rechercher manu militari l’ingénieur Galen Erso pour lui faire achever la réalisation de l’Etoile [1]. La petite Jyn a juste le temps de réfugier dans un abri après avoir assisté à la mort de sa mère. Recueilli par un résistant, Saw Guerrera, elle est des années plus tard détenue par l’Empire quand la Rébellion vient la délivrer pour pouvoir entrer en contact avec son père qui cherche à prévenir les rebelles du danger que représenter les projets impériaux. De planète en planète, Jyn Erso finit par accomplir le voeu paternel et à récupérer les plans de l’Etoile en les volant dans les archives impériales avec l’aide d’un commando dirigé par le commandant Cassian Andor.

Au risque de susciter les quolibets et toutes proportions gardées, je suis tenté de dire que Rogue One est aux films Star Wars, ce que l’Armée des ombres de Melville (1969) est au film sur la résistance : de loin le film le plus sombre à ce jour. Alors que Le Réveil de la force, sorti un an auparavant, faisait douter de la capacité des propriétaires de la licence - les studios Lucasfilms et Disney - à se renouveler nonobstant des effets spéciaux extraordinaires devenus la norme dans le cinéma distractif contemporain, Rogue One, dont le titre exploite habilement le succès d’une série de jeux vidéo "Star Wars" sans pour autant avoir de rapports directs, s’avère capable de sortir partiellement du manichéisme dans lequel baigne la série en mettant en scène une rébellion divisée, hésitante et surtout prête à tout. Il suffira d’évoquer, pour ne pas déflorer l’intrigue, l’assassinat par Cassian Andor d’un indic au début du film ou la torture pratiquée par Saw Guerrera.

Le réalisateur choisi, Gareth Edwards, auquel on doit l’intéressant Monsters a fait un travail extraordinaire de mise en scène des combats, non pas uniquement dans leur orchestration ou leurs effets spéciaux, dus aux spécialistes, mais aussi dans l’image de la guerre qu’il a choisi de montrer. Les combats sur Scarif, une planète tropicale, renvoient évidemment à la guerre du Vietnam et à sa filmographie, d’abord par l’espèce de négligence vestimentaire du commando Rogue One, mais il y a aussi une claire allusion aux essais nucléaires sur Bikini.

En attendant les autres Star War Stories - un film sur la jeunesse de Han Solo est prévu pour 2018 - et la suite de la troisième trilogie, Rogue One pourrait bien faire partie des meilleurs films de la saga !


[1A noter que l’histoire de la famille Erso jusqu’à ce point a fait l’objet d’un roman paru en 2016.

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