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EVA

dimanche 25 juin 2017, par Maestro

Kike MAILLO (1975-)

France / Espagne, 2011

Avec Daniel Brühl, Marta Etura, Alberto Amann, Lluis Homar, Claudia Vega.

Eva est un film européen qui explore les mystères de l’intelligence artificielle, sur un mode à la fois intimiste et émouvant. L’action se déroule dans un proche avenir, au sein duquel les robots font déjà partie du quotidien. Ainsi qu’on le découvre au début du métrage, ils servent de réceptionniste, d’homme de ménage ou d’auxiliaire de vie, d’enseignant, et même d’animal domestique. Alex est un scientifique particulièrement doué, qui fait son retour dans la ville de Santa Irene (au nord-ouest de l’Espagne), ville qu’il avait quitté une dizaine d’années auparavant. Il loge dans la maison de son père décédé, et retrouve surtout son frère David, marié entretemps à Lana, l’amour de jeunesse d’Alex. Le couple a eu Eva, une fillette avec laquelle Alex va vite développer une relation privilégiée. Il faut dire qu’une responsable de l’université a souhaité confier à Alex la phase finale d’un projet ambitieux : concevoir le cerveau émotionnel du premier robot entièrement libre. Alex a déjà un robot chat également libre, mais il s’agit cette fois d’un enfant. Alex va donc utiliser Eva, au caractère fantasque et imprévisible, comme modèle pour ce prototype. Mais le retour d’émotions enfouies depuis trop longtemps va enrayer les choses, jusqu’au point de les faire déborder…

Dans un cadre toujours enneigé, comme une manifestation de pureté finalement brisée par l’apparition du sang, en une image connue, le film privilégie une certaine sobriété, y compris en termes d’effets spéciaux, et un esthétisme contenu qui culmine dans la visualisation du caractère robotique, des structures en verre élaborées, 3D de type art nouveau. Eva est cependant un film qui n’aborde la science-fiction que de manière tangente. Passons rapidement sur la relative incohérence de cette anticipation, où les voitures électriques sont généralisées, mais où la vie courante dégage un certain parfum rétro, sans technologie trop envahissante. Il y a également le choix, dans le scénario, de privilégier la relation en trio d’Alex, David et Lana, au point de rendre presque secondaire le sujet technologique, tout au moins dans les deux premiers tiers du film. La révélation faite sur Eva, d’autant plus surprenante que le spectateur en avait probablement conçu une autre, accentue la dimension sensible du métrage, servi il faut le dire par une interprétation (Max et Eva, surtout) de qualité. Le dénouement est franchement touchant, laissant entrevoir un autre aspect, celui de l’impossible paternité, du deuil de ses rêves, de cette vie qui aurait pu être et ne sera jamais ailleurs que dans l’ailleurs. Le plus gênant est que le scénario explore finalement un thème déjà vu de la robotique, celui de la liberté sans frein donnée à un être artificiel, danger contre lequel un Isaac Asimov avait mis en garde il y a déjà bien longtemps avec ses lois de la robotique. Sur une thématique relativement proche, et avec un parti pris également féminin pour l’androïde, on préfèrera finalement Ex Machina à Eva.

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