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ARES

dimanche 15 octobre 2017, par Maestro

Jean-Patrick BENES

France, 2016

Avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières, Eva Lallier.

Arès est un film d’anticipation très proche dans l’esprit de la série télévisée d’Olivier Marchal, Section Zéro. L’acteur principal est d’ailleurs le même, tout comme une vision de l’avenir particulièrement sombre et oppressante ; la série Trepalium se situe également dans une optique similaire. L’action se déroule en 2035, dans un Paris devenue mégapole du tiers-monde. Le chômage de masse touche 15 millions de personnes, et les sans-abris pullulent. La ségrégation sociale est donc plus aigüe que jamais, et le pouvoir étatique est désormais supplanté par celui des grandes entreprises, tout particulièrement les laboratoires pharmaceutiques.

Il faut dire que dans ce proche avenir, la marchandisation du corps est autorisée, tandis que les drogues de toutes sortes se sont multipliées. Ce sont d’ailleurs les laboratoires qui sponsorisent les champions d’Arena, dopés en toute légalité. L’Arena, c’est un sport de combat extrême, nouvel opium du peuple. Arès est justement un ancien champion, victime il y a dix ans d’un accident cérébral, et cantonné depuis à un statut médiocre. Un jour, un laboratoire lui propose de tester une nouvelle substance, le HSX, susceptible de le faire triompher de ses adversaires, mais en risquant sa vie. D’abord hostile, Arès est contraint de céder aux avances qui lui sont faites lorsque sa sœur, employée d’une association citoyenne, se retrouve en prison, accusée de complicité avec le terrorisme. Arès doit également prendre en charge ses deux filles, dont Anouk, activiste convaincue ; pour cela, il peut compter sur l’aide de son voisin transexuel, Myosotis.

Arès est un film qui privilégie le réalisme, y compris pour les affrontements physiques, et sur ce point, les images proposées de ce Paris de l’avenir sont très convaincantes, à la fois frappantes dans leur greffe de bidonvilles jusqu’au pied de la Tour Eiffel, et suffisamment proches de notre temps pour convaincre (les publicités, omniprésentes, renforcent le contraste entre un monde glauque et l’idéal artificiel des écrans). Le parcours d’Arès, personnage cynique et motivé seulement par l’argent, fidèle en cela au conformisme ambiant, le conduit finalement à croire en un espoir de changement, la mort du personnage lui servant de miroir valant baptême du feu. Les seuls regrets que l’on peut adresser au film tiennent à une longueur réduite (1h10 environ) et un scénario certes plein de surprises et de rebondissements, mais finalement classique dans les forces mises en jeu.

Il y a d’ailleurs une forme de deus ex machina dans le dénouement final, la simple dénonciation des morts dus aux expérimentations du laboratoire (plus de 30 000, tout de même) suffisant à déclencher une révolution, sans que l’on sache comment les acteurs ont pu se procurer des armes… Un tel univers aurait assurément pu être décliné plus en profondeur, comme dans le cas d’une série télévisée.

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