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BLADE RUNNER 2049

dimanche 29 octobre 2017, par Maestro

Denis VILLENEUVE (1967-)

Etats-Unis, 2017

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks, Jared Leto.

S’attaquer à un chef d’œuvre incontesté de la science-fiction en lui proposant une suite, plus de trente ans après, est un pari risqué. Ridley Scott, justement, n’a lui-même pas pleinement convaincu avec son Prometheus, préquelle du mythique Alien. Pourtant, un point d’emblée apparaissait prometteur, pour cette séquelle de Blade Runner : la mise aux commandes du projet de Denis Villeneuve, immense réalisateur canadien, véritable successeur de Stanley Kubrick, dont la récente incursion dans le monde de la SF, Premier Contact, avait emporté tous les suffrages.

Alors certes, Blade Runner 2049 reprend un certain nombre d’éléments issus du film séminal, pouvant faire penser à un simple remake. La Tyrell Corp est remplacée par Wallace Corp, encore plus puissante, son leader étant désireux de faire franchir un seuil décisif à ses réplicants : leur permettre de procréer, afin de coloniser la galaxie. Rachel est dupliquée dans un double maléfique, baptisée Luv. Et bien sûr, le principe de la traque est repris, les anciens modèles de réplicants étant pourchassés afin d’être supprimés.

Toutefois, le blade runner / chasseur est ici un réplicant, K, joué par Ryan Gosling. En éliminant un de ces vieux modèles, il découvre un artéfact laissant penser qu’une réplicante a pu autrefois donner naissance à un enfant. Sa supérieure (Robin Wright) lui demande alors d’en retrouver la trace, cette quête difficile en raison du black-out (une catastrophe survenue plusieurs décennies en amont et ayant fait disparaître l’essentiel des sauvegardes numériques) se doublant d’une plongée dans son propre passé, d’une réflexion sur sa propre mémoire, ses propres souvenirs. Jusqu’à l’amener face à face avec Deckard en personne.

Incontestablement, Blade Runner 2049 sait aller au-delà de la simple familiarité avec le premier long métrage, et les idées pertinentes sont nombreuses, en particulier la compagnie d’un programme féminin virtuel donnée à K, en la personne d’un hologramme au charme redoutable (Ana de Armas). Sur le plan visuel, les lieux visités sont souvent d’une grande force, spécialement le QG de Wallace (évoquant en partie Bienvenu à Gattaca), ou ces terres d’un Las Vegas abandonné, parsemé de statues féminines géantes.

De manière générale, la focale est élargie, puisqu’au-delà de la mégapole de Los Angeles et de ses fameuses voitures volantes, le spectateur découvre les exploitations agricoles nourrissant tant bien que mal une population pléthorique (marqueurs de l’arrière-plan dystopique, une Terre polluée usée jusqu’à l’os), les immenses décharges où vivent délinquants et orphelins exploités au travail, ou le gigantesque barrage alimentant en électricité la zone urbaine. Les scènes d’action sont là, mais la dimension méditative et contemplative est dominante, que ce soit par des dialogues nombreux ou des plans appuyés ouvrant sur des significations à plusieurs échelles.
Le scénario ménage également quelques rebondissements bien vus, ainsi que bien des clins d’œil à des classiques du cinéma de SF (Soleil Vert, Mad Max 3, et sans doute bien d’autres). Quant à la musique, elle s’inspire de la bande originale remarquable de Vangelis, en cultivant une proximité dans l’atmosphère, sans pour autant réussir à l’égaler. Denis Villeneuve décline enfin certains de ses thèmes de prédilection, l’enfance, la mémoire, la famille, mais ils s’intègrent naturellement à un film franchement réussi, dont un des seuls défauts est de comporter quelques longueurs.

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